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lundi, juin 18, 2012

communication politique



mercredi, janvier 19, 2011

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Haïti / électionla commission OEA/CARICOM corrige Gaillot

Une fois de plus l’international vient désavouer le conseil électoral provisoire (CEP). Suivant des sources proches du CEP, les décisions du tribunal électoral spécial seraient déjà prêtes pour publication. Le rapport de la commission d’enquête OEA

09/05/2011 
 
Une fois de plus l’international vient désavouer le conseil électoral provisoire (CEP). Suivant des sources proches du CEP, les décisions du tribunal électoral spécial seraient déjà prêtes pour publication. Le rapport de la commission d’enquête OEA/CARICOM a été appliqué pour la totalité des cas, sauf celui, apprend on, de Bastien Jean Bertold (Inite), de la circonscription de Vallières/Trou du Nord, qui avait été élu lors des préliminaires et écartés par le BCEN. Son dossier aurait été jugé irrecevable selon le tribunal.

Ces décisions devront, en effet, être publié Lundi. Ce sera, dit-on, une manière de permettre au parlement de compléter son effectif avant l’investiture du président élu, Michel Martelly, qui avait d’ailleurs demandé au CEP de « corriger son cahier et de publier les vrais résultats ».

 
Déjà, des voix se lèvent pour dénoncer ces décisions. C’est le cas pour le sénateur du Nord, Moïse Jean Charles, qui croit que l’internationale n’a pas le droit de s’immiscer autant dans les affaires du pays. De plus, le sénateur dit regretter que les menaces d’annulation de visas ont suffi à faire plier les conseillers électoraux.
 
Dejeuner  politique  du 15 Avril entre Préval et Martelly
 

Le déjeuner de travail de vendredi entre le président René Préval et le président élu, Michel Martelly, lance formellement le processus de transition politique. Des dossiers importants ont été abordés mais cette rencontre ouvre surtout une nouvelle ère dans la vie politique haïtienne.

Le président Préval se présente désormais comme le vrai chef de file de Inité. Le regroupement présidentiel a décroché une cinquantaine de sièges lors du scrutin législatif. C'est la première fois qu'un parti remporte plus de 50 sièges lors d'élections non contestées.

Préval montre clairement qu'il contrôle la 49 eme législature et met l'accent sur la nécessité d'harmoniser les relations entre les deux pouvoirs. J'ai promis à Michel de travailler avec les parlementaires pour qu'il y ait une collaboration efficace, a insisté le président Préval.

C'est en présence du Premier Ministre Jean Max Bellerive et de leurs épouses respectives que M. Préval et Martelly ont convenu de collaborer pour le bien être du pays. Un accord tacite entre Repons Peyizan et Inité faciliterait la tache au président élu dans ses efforts de formation d'un nouveau gouvernement.

La rencontre du 15 avril en la résidence du chef de l'Etat à Laboule aurait permis d'aplanir certaines divergences de vue. A la fin de cette rencontre le président élu a soutenu qu'il n'y a pas eu de conflit personnel avec M. Préval. L'important est d'unir nos forces pour lancer le pays sur la voie du progrès.

Un gouvernement de coalition Repons Peyizan et Inité reléguerait une nouvelle fois Alternative, AAA, Lavni et les autres formations politiques dans l'opposition.


Haïti - Élections : J-1, demain, la journée de tous les dangers...

À J-1 de la publication des résultats préliminaires du second tour, la tendance se maintien à la confrontation dans certains milieux populaires. Les partisans des deux candidats multiplient les déclarations intempestives dont certaines sont menaçantes. Les états-majors des deux candidats, Mirlande Manigat et Michel Martelly ont réaffirmé vendredi, leur détermination à accéder au pouvoir... assurés de leur victoire...

L'Ambassadeur américain à Port-au-Prince, M. Merten exhorte les candidats à recourir aux voies légales de contestation, après la publication des résultats rappelant que « La violence ne permettra pas de solutionner des problèmes [...] J’aimerais demander aux partisans des candidats de garder leur calme », déclare le diplomate en marge d’une cérémonie qui a eu lieu ce 31 mars en sa résidence à Bourdon.

Vendredi dernier les autorités policières, les responsables de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) et ceux de la Mission d’observation électorale OEA/CARICOM (MOEC) ont tenu vendredi une réunion aux Gonaïves avec les représentants des deux candidats à la présidence, Michel Martelly et Mirlande Manigat. Les discussions ont porté principalement sur la nécessité de maintenir un climat pacifique dans la région, pendant et après la publication des résultats provisoires « Aucun acte de violence ne sera toléré et la contestation des résultats du scrutin du 20 mars ne se fera que dans les formes prévues par la loi » ont averti les autorités.

De son côté, la Commission Justice et Sécurité du Sénat, a convoqué Mario Andrésol, le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), à une rencontre demain afin de connaître les dispositions prises par l’institution, concernant d’éventuelles réactions violentes suite à la publication des résultats préliminaires du second tour des présidentielles et législatives programmées pour le 4 avril 2011. De plus la commission entend avoir des précisions sur les rumeurs qui circulent a l’effet que des partisans extrémistes des deux camps, entretiennent un climat d’insécurité en menaçant de descendre dans la rue, pour défendre par la violence si nécessaires le vote de leur candidat.


Si les propos violents des « groupuscules », partisans de Martelly n’est un secret pour personne, il n’en reste pas moins vrai que sur le terrain, des individus, non moins dangereux, se déclarant pro-Manigat n’entendent pas rester les « bras croisés » et se déclarent prêt à utiliser les même moyens, pour assurer la victoire de leur candidate... Nous ne pouvons qu’espérer [sans trop d’illusion], que la population haïtienne, saura montrer aux yeux du monde, qu’elle est capable d’accepter, la voix démocratique des urnes dans le calme..
Depuis samedi, à Port-au-Prince, la PNH à commencé à se déployer dans certains endroits sensibles. La journée de lundi risque d’être longue et tendue dans l’attente de résultats qui peuvent être publiés a tout heure de la journée ou tard dans la soirée...






INITE se retire des présidentielles et lâche Jude Célestin


Le candidat déchu, dont le retrait ferait place à un second tour Manigat-Martelly, n’a pas encore endossé la décision de son parti ni signifié officiellement son désistement au Conseil électoral ; la plateforme présidentielle s’en prend à la communauté internationale qui s’apprêtait à imposer des sanctions économiques au pays et dit se concentrer maintenant sur les législatives
Après de longues heures de rumeurs, de consultations incessantes et de tractations diplomatiques, la plateforme au pouvoir INITE a fini par céder en officialisant mercredi le retrait de son candidat à la présidence, Jude Célestin, qui ne s’est toutefois pas exprimé publiquement sur cette décision censée ouvrir la voie à une résolution de la crise post-électorale du point de vue de la communauté internationale.

"Même si nous sommes certains que Jude Célestin a recueilli le nombre de voix nécessaires pour aller au deuxième tour, INITE est d’accord pour le retirer comme candidat à la présidence", indique dans un communiqué rédigé en créole la plateforme présidentielle qui dit avoir choisi d’éviter les "provocations" des partenaires internationaux d’Haïti en dépit de profonds désaccords sur la conduite du processus électoral.

INITE dénonce également les manoeuvres d’intimidation d’une partie de la communauté internationale ayant menacé "d’imposer au peuple haïtien un embargo générateur de souffrances et de geler l’aide externe".

Dautre part, il est reproché à la mission technique de l’Organisation des Etats américains d’avoir violé son propre mandat d’évaluation des élections controversées du 28 novembre et la loi électorale. Les conclusions des experts de l’organisation régionale recommandant la mise à l’écart de M. Célestin ont été établies à partir de l’examen de seulement 8% des procès-verbaux représentant 16% des votants, déplore le communiqué.
Le parti du Président Préval met en relief le silence complice qu’avaient observé les organisations des droits humains, le secteur privé des affaires et les ambassades étrangères quand son siège avait été incendié et les commerces de ses partisans pillés début décembre à Port-au-Prince et aux Cayes (sud).

De graves violences post-électorales avaient suivi la publication des résultats partiels des présidentielles selon lesquels Jude Célestin, arrivé en deuxième position derrière Mirlande Manigat, devait affronter la constitutionnaliste au second tour au détriment du chanteur Michel Martelly, alors éliminé.

Selon des sources proches du parti officiel, un grand malaise était ces dernières heures perceptible au sein de la famille politique de René Préval au point où Célestin, dauphin désigné du chef de l’Etat sortant, aurait même menacé de convoquer une conférence de presse dans la journée afin de désapprouver l’annonce de son retrait.
L’ex-candidat s’est abstenu de prendre part aux réunions organisées pour déterminer son sort et ne s’est pas non plus associé au communiqué rendu public. Les signataires du texte sont les Sénateurs Joseph Lambert et Kély Bastien, respectivement coordonnateur et conseiller de INITE, l’ex-ministre Jean Joseph Molière, coordonnateur adjoint, et l’ancien président de la Chambre des députés, Levaillant Louis-Jeune, dont la réélection au premier tour dans la circonscription de Desdune (Artibonite, nord) est contestée.
Le Conseil électoral provisoire n’a pas encore fait état d’une démarche formelle qu’aurait entreprise M. Célestin pour confirmer son désistement.
"Nous allons nous battre pour assurer la victoire de nos candidats au Sénat et à la députation lors du deuxième tour des élections", écrit enfin la plateforme présidentielle qui appelle ses partisans au calme et à la mobilisation.
D’intenses pressions internationales ont été exercées ces derniers jours sur les autorités haïtiennes en vue de l’acceptation intégrale des recommandations de l’OEA et de l’organisation d’un second tour entre les deux présidentiables encore en lice, Mirlande Manigat et Michel Martelly.
Les Etats-Unis ont annulé les visas d’entrée de dirigeants de INITE et de proches collaborateurs de René Préval et d’autres sanctions ciblées allant jusqu’au gel d’avoirs détenus à l’étranger étaient envisagées alors que le chef de l’Etat lui-même courait le risque d’être déclaré "illégitime" par le conseil permanent de l’OEA à l’expiration de son mandat constitutionnel, le 7 février.
Des informations non encore confirmées laissent croire que la date du 20 mars serait retenue pour la tenue du second tour des présidentielles et législatives après la proclamation des résultats définitifs du premier tour fixée à début février malgré les protestations des uns et des autres.



vendredi, janvier 07, 2011

La crise eut été plus pire sans le président Préval, s'exclame Mme Elizabeth Préval

Un an après le séisme qui a dévasté Haïti, Elisabeth Préval, épouse du chef de l'État sortant, défend lors d'un entretien à l'AFP le rôle de René Préval face à la catastrophe, expliquant qu'il s'est efforcé d'apporter la stabilité politique au pays.

À quelques jours du premier anniversaire du séisme qui a dévasté Haïti le 12 janvier 2010, faisant plus de 220 000 morts, Mme Préval s'insurge contre ceux qui accusent le président d'être responsable des déboires du pays le plus pauvre des Amériques.

«Ce n'est pas Préval qui a créé la situation d'exclusion et de misère en Haïti. Au contraire, il a travaillé au cours des cinq dernières années pour la stabilité», soutient Mme Préval, qui reçoit l'AFP chez elle, le palais présidentiel étant toujours en ruines.

«La stabilité politique est un acquis important qu'il laisse au pays», estime l'épouse du président. «Cet héritage devrait être protégé afin que les perspectives de croissance économique et de développement humain deviennent une réalité dans le long terme», plaide cette ancienne conseillère économique de la présidence, qui a épousé M. Préval quelques mois avant le séisme.

«Grâce à son acuité politique, il a évité bien des problèmes au pays, en rapprochant des groupes antagonistes et en favorisant le dialogue», remarque-t-elle, évoquant les avancées réalisées avant la catastrophe.

«Haïti était sur une pente ascendante. En décembre 2009, les indicateurs clés témoignaient d'une croissance économique positive, d'une stabilité politique, d'un apaisement social et d'un regain de confiance des investisseurs», relève Mme Préval.

René Préval doit en principe abandonner la présidence le 7 février, mais il n'a pas exclu de prolonger son mandat si son successeur n'est pas désigné d'ici là. Le pays traverse une crise politique depuis le premier tour de l'élection présidentielle du 28 novembre, dont les résultats sont contestés.
Le second tour, prévu le 16 janvier, risque fort d'être reporté, dans l'attente d'une évaluation du processus électoral de l'Organisation des États américains (OEA).

«Je suis très anxieuse, parce que la stabilité d'Haïti sera mise en péril, si la crise électorale n'est pas résolue dans la plus grande sérénité», s'inquiète Mme Préval.

La Première dame assure que son époux, arrivé au pouvoir le 14 mai 2006 pour un second mandat, quittera le pouvoir bientôt: «Le président et moi-même, nous avons terminé. Il reste peu de temps pour la fin de son mandat. Je peux vous rassurer que le président Préval est déterminé à se retirer dès l'installation d'un nouveau président et d'un nouveau parlement».

«M. Préval n'est pas parti prenante de la crise électorale, n'étant pas candidat», relève Elisabeth Préval. «Son rôle est de protéger la stabilité en s'assurant que la crise soit résolue en conformité avec la constitution, la loi électorale et à la lumière des recommandations de la mission d'experts de l'OEA».

mardi, décembre 21, 2010

HAITI POLITIQUE

Les avocats de Michel J. Martelly (Repons peyizan) n’ont pas été reçus au Bureau du Contentieux Electoral Départemental (BCED)

Le groupe des 12 réitère son appel à l’annulation des élections du 28 novembre et propose la formation d’un gouvernement de consensus

Les avocats du candidat à la présidence de la plateforme politique « Repons peyizan », Michel Joseph Martelly, ont protesté lundi contre le fait de n’avoir pas été reçus au Bureau du Contentieux Electoral Départemental (BCED) du Conseil Electoral Provisoire (CEP) alors qu’ils y étaient invités pour défendre le dossier de la contestation des élections du 28 novembre par leur client.

Me Roudy Aly, l’un des avocats du chanteur-candidat a fustigé le BCED du fait de n’avoir reçu aucune notification de sa part que l’audience était annulée. « Cela démontre le peu de respect des juges électoraux envers les citoyens », a-t-il déclaré.

Me Aly assure qu’il était tout à fait disposé à défendre comme il se doit le dossier de contestation introduit par Martelly contre les résultats préliminaires des élections publiés le 7 décembre dernier.

Outre le candidat à la présidence de « Repons peyizan », les candidats à la présidence de « RESPE », Charles Henry Baker, et de INITE, Jude Célestin, ont formellement contesté ces résultats.

Le groupe des 12 réitère son appel à l’annulation des élections du 28 novembre et propose la formation d’un gouvernement de consensus
Le groupe des 12 candidats à la présidence qui avait pour sa part réclamé l’annulation des élections le jour même du scrutin, continue à défendre sa position. L’un de ses porte-parole, le notaire Jean Henry Céant (Renmen Ayiti) a fait savoir lundi que leur exigence constitue encore la meilleure option pour la relance d’un processus électoral véritablement démocratique.

Me Céant préconise de plus la formation d’un gouvernement de consensus appelé à préparer le départ du chef de l’Etat René Préval le 7 février 2011 et à planifier, entre autres, l’organisation d’élections crédibles.

lundi, décembre 20, 2010

Haïti-Mort tragique d'un parlementaire

L’ex-député de Gros-Morne, Gérandale Thélusma, tuée dans un accident de la circulation ce lundi 20 décembre 2010, elle était candidate à sa propre succession.

L’ex-député de Gros-Morne (Artibonite, Nord), Gérandale Thélusma, membre du Mouvement Chrétien pour une Nouvelle Haïti (MOCHRENHA), est décédée lundi matin dans un grave accident survenu sur la route nationale No 1, à l’entrée de la commune de Desdunes.

Le véhicule à bord duquel se trouvait l’ex-parlementaire a violemment heurté un bus de transport public. Son chauffeur s’en est sorti avec des blessures ainsi qu’une troisième personne qui se trouvait dans le véhicule.

Candidate à sa propre succession, Gérandale Thélusma était en ballottage pour la députation de Gros-Morne avec le candidat Fritz Chéry (Haïti en Action, sigle créole AAA), selon les résultats préliminaires des élections législatives et présidentielles controversées du 28 novembre publiés la semaine dernière par le Conseil Electoral Provisoire. Contestation qu'elle aura la change de remporter.

Mme Thélusma avait présidé la Commission spéciale sur le salaire minimum de la Chambre des députés (48ème Législature, 2006-2010).

 NOUVELLE 20 Decembre 2010

Haïti : les résultats des élections ne seront pas publiés lundi


Le conseil électoral haïtien (CEP) a annoncé dimanche au soir qu’il a décidé de différer la publication des résultats définitifs du premier tour des élections présidentielles et législatives prévues pour lundi, rapporte Le Monde. La publication des résultats préliminaires avait provoqué des manifestations violentes en Haïti, qui se sont soldées par la mort de plusieurs personnes et la destruction de plusieurs bureaux publics.

lundi, décembre 13, 2010

WAKEFIELD - Washington et Ottawa ont appelé lundi les autorités haïtiennes à assumer «leurs responsabilités» et à faire plus en matière de reconstruction du pays, les Etats-Unis allant jusqu'à laisser planer la menace d'une suspension des aides vers Port-au-Prince.


Haïti fait face à plusieurs «défis» de taille, liés au séisme de janvier et à ses conséquences, et sans une «direction claire» fournie par des urnes, il sera difficile de tout surmonter, a lancé la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

Commentant l'appel lancé par un puissant sénateur américain pour que les États-Unis gèlent leur aide à Haïti et n'accordent pas de visas à ses responsables si ces derniers ne s'engagent pas à garantir des élections démocratiques, elle a souligné qu'il s'agissait là d'«un signal très clair que nous attendons plus et voulons plus». Cette menace a été brandie vendredi par le démocrate Patrick Leahy, chef de la puissante commission judiciaire du Sénat américain, dans la foulée des violences ayant suivi la publication des résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Beaucoup avaient dénoncé des fraudes massives.

Notant que l'élu en question dirige une Commission sénatoriale qui «décide où va notre aide étrangère», Mme Clinton a estimé que de tels propos «expriment la frustration grandissante du gouvernement et du peuple américains face à l'absence d'une réponse cohérente et nécessaire du gouvernement d'Haïti, alors que nous approchons du premier anniversaire du séisme».

«En même temps, a tempéré la secrétaire d'État, nous ne voulons pas punir le peuple d'Haïti», pays le plus pauvre de l'hémisphère nord, frappé par un séisme meurtrier en janvier puis depuis cet automne par une épidémie de choléra. Washington et Ottawa sont les deux premiers pourvoyeurs d'aide vers l'île.

«Nous essayons de progresser dans un environnement difficile et nous voulons voir des progrès sur le terrain», a-t-elle poursuivi, aux côtés de ses homologues mexicain, Patricia Espinosa, et canadien, Lawrence Cannon.

L'hôte de cette réunion, qui se tenait dans une ancienne scierie située à 30 mn au nord d'Ottawa, dans la campagne québécoise enneigée, a abondé: «la communauté internationale ne peut pas tout faire en Haïti».
«Il faut que le gouvernement et le peuple prennent leurs responsabilités», a insisté M. Cannon, qui avait annoncé la veille que son gouvernement était prêt à participer aux opérations de recomptage des votes du scrutin du 28 novembre.

Les ambassadeurs accrédités en Haïti s'étaient prononcés dimanche en faveur du recomptage des votes du premier tour contesté de la présidentielle.

La présence au second tour du candidat du pouvoir, Jude Célestin, a été interprétée par beaucoup de candidats comme la preuve d'une fraude massive.

«Nous devons trouver plus d'experts techniques capables d'expliquer ce qui s'est passé lors des élections et essayer de crée une meilleure compréhension acceptée par la communauté internationale et surtout par le peuple haïtien», a souligné Mme Clinton.

Les États-Unis sont prêts à fournir «toute l'aide nécessaire» a-t-elle dit, notant que d'autres pays étaient également disposés à aider à sortir de cette énième crise haïtienne.

Les trois ministres nord-américains ont par ailleurs annoncé que le président américain Barack Obama, son homologue mexicain Felipe Calderon et le Premier ministre canadien Stephen Harper se rencontreraient au Canada en 2011.

samedi, novembre 27, 2010

ELECTIONS EN HAITI


Les observateurs internationaux de l'OEA (Organisation des Etats américains) recommandent l'exclusion de Jude Célestin, candidat gouvernemental, du second tour à venir de la présidentielle contestée.
29 NOVEMBRE 2010



Dans son projet de rapport qu'elle doit présenter lundi au président René Préval, l'OEA fait état de preuves d'irrégularités dans le déroulement des opérations électorales. Elle recommande donc que le candidat arrivé troisième, Michel Martelly, se retrouve au second tour contre l'ancienne Première dame Mirlande Manigat.
L'Associated Press a obtenu copie de ce rapport, qui n'a pas encore été rendu public. Un responsable étranger proche des activités de la mission de l'OEA a confirmé ces conclusions, lui aussi sous le couvert de l'anonymat.
La Commission électorale haïtienne devra décider de la réponse à apporter à ces recommandations. Le second tour, qui était prévu pour dimanche prochain, n'aura quoi qu'il en soit pas lieu jusqu'à au moins le mois prochain. Le président Préval ne devrait pas réagir aux conclusions du rapport de l'OEA avant mercredi et les cérémonies marquant le premier anniversaire du séisme dévastateur du 12 décembre 2010.

Les résultats du premier tour contesté, le 28 novembre, donnaient Mme Manigat en tête, devant le candidat gouvernemental Jude Célestin, semblant exclure de la course le chanteur populaire Michel Martelly. Le candidat soutenu par le président Préval semblait ne devancer son rival que d'un très faible nombre de voix. Ces résultats ont été vivement contestés par les partisans des trois protagonistes, qui tous ont parlé de fraudes et d'erreurs.
"La mission d'expertise a déterminé qu'elle ne pouvait pas apporter son soutien aux résultats préliminaires des élections présidentielles rendus publics le 7 décembre 2010", écrit ce rapport.
En vertu des analyses des experts, Martelly se retrouvait en deuxième position avec 22,2%, 7.150 ayant été invalidés. Célestin passerait lui de la deuxième à la troisième place, avec 21,9% des voix, en ayant perdu 17.220 votes. Mme Manigat resterait en tête, avec 31,6% des voix, après que 13.830 voix en sa faveur aient été supprimés pour irrégularités.
Unecommandations devaient être mises en oeuvre, la position du candidat à la troisième place serait modifiée en deuxième, et le candidat actuellement deuxième reculerait à la troisième", peut-on lire dans le projet de rapport.



Selon l'OEA, des dizaines de milliers de bulletins devraient être écartés pour irrégularités. En revanche, les experts ne vont pas jusqu'à réclamer un nouveau recomptage national des voix, ni à annuler purement et simplement le premier tour et organiser un nouveau scrutin, comme l'ont réclamé plusieurs candidats ou observateurs, jugeant que cela "soumettrait les Haïtien à un manque encore plus long de gouvernance constitutionnelle". AP


Haïti: le chef d'une mission d'observateurs juge les élections valides


PORT-AU-PRINCE - Le chef de la mission d'observateurs conjointe de l'Organisation des Etats américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (Caricom), Colin Granderson, a jugé lundi que les élections en Haïti étaient valides, "malgré les irrégularités". Les élections présidentielle et législatives ont été marquées par une série de violences et d'incidents qui ont poussé une majorité de candidats à demander l'annulation du scrutin présidentiel.
"La mission conjointe ne pense pas que ces irrégularités, aussi sérieuses soient-elles, n'invalident les élections", a déclaré Colin Granderson.

"L'élection, à mon avis, se tient, malgré les irrégularités qui doivent être prises très au sérieux et faire l'objet d'une enquête", a déclaré de son côté le secrétaire général adjoint de l'Organisation des Etats américains (OEA), Albert Ramdin.
Le Conseil électoral provisoire haïtien a validé dimanche le scrutin dans la majorité du pays.



Michel Martelly et MYRLANDE Manigat  contre l'annulation des élections


Le candidat à la présidence Joseph Michel Martelly se désolidarise des 12 autres candidats à la présidence qui ont réclamé l'annulation des élections du 28 novembre en raison des irrégularités et des fraudes massives qui ont entachées le scrutin.
Au lendemain de ces joutes, le candidat du parti repons peyizan qui était à la tète d'une importante manifestation a fait remarquer qu'il est prêt à respecter la décision du Conseil Electorale si ce dernier ne décide pas de procéder à l'annulation de ces élections.

« Je n'avais pas signé le document demandant, l'annulation des élections » a déclaré le candidat à la présidence.
Toutefois, il a indiqué que l'institution électorale doit respecter le vote du peuple, car dit-il, il est le gagnant de ces élections puisque la population l'acclamait haut et fort, lors de la manifestation de dimanche.
Les membres de l'institution électorale avaient clairement indiqué hier, lors d'une conférence de presse qu'ils n'envisageaient pas d'annuler le scrutin qu'ils considéraient comme une journée bouclée et réussie.



28 Novembre 2010
Douze des 18 candidats à l'élection présidentielle en Haïti et des milliers d'Haïtiens manifestant à Port-au-Prince ont réclamé dimanche l'annulation du scrutin, dénonçant des "fraudes" au cours d'un premier tour émaillé d'incidents qui ont fait des blessés. Evènement


Les bureaux de vote pour les élections présidentielle et législatives ont fermé comme prévu à 16H00 (21H00 GMT), tandis que des milliers de manifestants se regroupaient à Port-au-Prince réclamant que le scrutin soit annulé en raison de "fraudes".

Le chanteur Wyclef Jean, écarté de la course à la présidentielle haïtienne en août, était dimanche dans la capitale à la tête d'une de ces manifestations pour demander l'annulation du scrutin.         "On ne doit pas voler le vote populaire", a-t-il dit à l'AFP.

Des candidats, parmi lesquels des favoris tels Mirlande Manigat, le chanteur populaire Michel Martelly ainsi que Jacques-Edouard Alexis, ont dénoncé dans une déclaration commune "un complot du gouvernement et du Conseil électoral provisoire (CEP) pour trafiquer les élections au profit du candidat du parti au pouvoir".
Des Casques bleus de l'ONU et des policiers ont été envoyés en renfort devant le siège du CEP.


"Il ne s'agit pas uniquement de fraudes, c'est un véritable scandale, un véritable kidnapping des élections", avait plus tôt déclaré à l'AFP le porte-parole de Mme Manigat, Patrice Dumond. Mme Manigat avait déjà évoqué le risque de fraudes plusieurs jours avant la consultation.

Près de 5 millions d'Haïtiens étaient appelés à choisir leur président parmi 18 candidats, ainsi que leurs parlementaires, dans un pays mis à genoux par le séisme du 12 janvier 2010 et touché par une épidémie de choléra.

Jude Célestin, protégé du président sortant, est le candidat d'Inité, le parti au pouvoir.

Les opérations de vote ont été annulées dans deux villes du nord d'Haïti, suite à des violences qui ont fait au moins deux blessés, tandis qu'un centre de vote a été saccagé à Port-au-Prince dans le quartie de Tabarre.

"Une trentaine de personnes sont arrivées d'un coup et ont tout saccagé. Ils n'avaient pas leurs noms sur les listes et ne pouvaient pas voter", a expliqué un responsable du centre de vote.

A Desdunes, dans le nord, après des incidents et des coups de feu qui ont fait des blessés, la mission de l'ONU en Haïti (Minustah) a envoyé dimanche matin une demi-douzaine de véhicules blindés, a indiqué le maire de cette localité de 42.000 habitants, Wesner Archelus.

Le président du Conseil électoral provisoire (CEP), Gaillot Dorsainvil, a indiqué que son instance, "la seule à pouvoir annuler des élections (...) évaluerait le vote" en fin de journée "pour voir s'il y a lieu de réorganiser des élections" dans certains bureaux.

Par ailleurs, les diplomates amis d'Haïti s'étaient réunis dans la journée, selon une source diplomatique qui a indiqué qu'ils entendaient demander "aux candidats à la présidence d'appeler leurs partisans au calme et aux plus hautes autorités du pays à prendre leurs responsabilités pour que la situation se calme".

Le chef de la Minustah, Edmond Mulet, a assuré que "la décision du peuple sera respectée".

La tâche qui attend le nouveau chef de l'Etat est immense. A la crise sanitaire née de l'épidémie de choléra qui a fait 1.648 morts, s'ajoute la question du sort du million d'Haïtiens jetés à la rue par le séisme dévastateur du 12 janvier au cours duquel plus de 250.000 personnes sont mortes.

Les résultats du premier tour doivent être diffusés à partir du 5 décembre tandis que la passation de pouvoir entre René Préval et le nouveau président est prévue le 7 février, après un éventuel deuxième tour le 16 janvier.




Haïti, le pays à genoux choisit ses dirigeants



Le portrait de Jude Célestin le candidat le plus populaire
 à la course présidentielle du 28 Novembre 2010
  Les Haïtiens élisent dimanche de nouveaux dirigeants qui vont hériter d'un pays que le séisme de janvier a mis à genoux, avec plus d'un million de sinistrés et une population, menacée par le choléra, sans illusions face aux remèdes de la classe politique. Près d'un an après le tremblement de terre du 12 janvier qui a tué quelque 250.000 personnes dans la région de la capitale, Port-au-Prince, le pays est appelé à départager 18 candidats pour succéder au président René Préval, et à désigner députés et sénateurs. M. Préval, à qui la constitution interdit de se représenter, pourrait bien passer la main à la première présidente d'Haïti: Mirlande Manigat, une ancienne Première dame âgée de 70 ans, fait figure de favorite face au candidat du parti au pouvoir, Jude Célestin, 48 ans . Selon un sondage du Bureau de recherches en informatique et en développement économique et social,un sondage qui semblerait pas vraiment crédible Mme Manigat l'emporterait avec 36% des voix ( un chiffre non fiable ) contre 20% à M. Célestin . Un troisième candidat, Michel Martelly, plus connu sous son nom de chanteur, "Sweet Micky", et populaire auprès des jeunes, recueillerait 14% des suffrages. Les résultats ne pourraient être connus que début décembre. Les deux candidats les mieux placés s'affronteront dans un second tour. Reste la crainte d'irrégularités dans un pays où sévit la corruption: le directeur du registre électoral national, Philippe RJ Augustin, a déclaré à l'AFP qu'il redoutait "des fraudes partout". Malgré le chaos provoqué par le choléra, qui a tué plus de 1.400 personnes depuis la mi-octobre, les autorités ont refusé de reporter la consultation. L'épidémie a provoqué des violences la semaine dernière à l'encontre des Casques bleus de l'ONU, accusés par une partie de la population d'avoir importé la maladie et des manifestations ont fait six morts. La campagne a elle aussi été marquée par des affrontements entre partisans des différents candidats qui ont fait deux morts lundi. Mme Manigat, soutenue par les classes moyennes et intellectuelles, pourrait bénéficier d'un vote de rejet du parti au pouvoir, dont les affiches jaunes et vertes à l'effigie de M. Célestin recouvrent le pays. "Les Haïtiens ne veulent pas de la continuité. Ils veulent le changement, voir la rupture", a déclaré la candidate à l'AFP. Mais les Haïtiens ne semblent pas croire que le nouveau président quel qu'il soit pourra reconstruire le pays. "On a touché le fond plus rapidement que les autres peuples. On a besoin de reconstruire les hommes, leur vision, la manière d'appréhender les choses. Il faut un nouvel équilibre à tous les niveaux", observe Yole Dérose, une chanteuse adulée en Haïti. Avec des institutions détruites par le séisme, une classe politique déchirée, une société divisée par la misère, la tâche paraît titanesque. "Les futurs dirigeants doivent comprendre que nous avons un pays à sauver et à construire ensemble", dit le père Jean Désinor, directeur de la radio de l'Eglise catholique, espérant que les malheurs qui ont frappé le pays en 2010 permettront de "repartir sur de nouvelles bases". Dans les rues de Port-au-Prince, les habitants attendent surtout du travail. "Nous voulons que le nouveau président crée des emplois pour mettre au travail tous les gens qui ne font rien. Il doit ouvrir des écoles pour les enfants", réclame Patrick Saint-Vil. Devant des bureaux administratifs, des centaines de personnes continuaient de patienter mercredi pour retirer la carte d'identification nationale qui leur permettra de voter. "La peur du choléra ne nous empêchera pas de voter", assure Régina, une jeune comédienne qui encourage les femmes à la suivre "pour le changement".

vendredi, novembre 12, 2010

Michele Montas Montas demaske tèt li !

Michèle Montas demaske tèt li !


Par: Haïti Liberté

Michele Montas ak Ban ki-moon

Michèle Montas ansyen pòt pawòl Ban ki-moon pran pozisyon l klè pou Nasyonzini kont pèp Ayisyen an. Se pa etonan pou l ap defann enterè klas li ak patwon li yo men omwen li ta fè l ankachèt. Men deklarasyon madanm lan fè sou radyo Siyal FM pou defann okipasyon peyi a ak koudeta 2004 la : « Ministah pa vin isit la poukont li. Ayiti se yon manm fondatè Nasyon zini.

Se gouvènman Ayisyen an menm ki te mande pou Ministah vini. Nasyonzini isit, nan misyon espesial depi kèk ane, a chak fwa gouvènman ayisyen an mande sa.

Antanke manm nasyon zini, misyon an vini nan kad sa a. Li gen manda parezanp pou l sipòte Eleksyon, Lajistis ak Sekirite. Se yon manda yo genyen avèk akò otorite ayisyen yo. Se pa gouvènman sa a espesyalman, se depi gouvènman anvan yo. Nasyon zini pa la poukont li, tankou li parèt sou nou konsa konsa. Mwen menm, mwen di ke sou akizasyon responsabilite Ministah nan simaye maladi kolera a, mwen kwè se yon bagay extrèmeman enjis, nan sans ke, se vre, C D C, sant Atlanta a detèmine tip kolera nou genyen an. Se yon tip kolera ki sòti nan zòn Azi sid la. Sepandan, sa pa vle di ke kolera sa a ta difi sil pou l rive bò isit. Fok mwen di ke te gen yon epidemi kolera ki te frape Pewou nan Amerik Latin nan. Se te menm tip kolera sa a. Eske m kapab di kolera, se tèl ou tèl lòt moun ki pote l ? Kantite moun kap sòti nan tout peyi, k ap antre bò isit depi tranblemanntè a, ONG, moun k ap antre sòti e kesyon konmès la tou, nenpòt ki jan, yon bagay konsa kapab antre nan yon peyi.

Nan ka Nasyon zini, mwen te pran akizasyon sa a ki fèt kont solda Nepalè yo seryezman ankonsiderasyon. Ministah fè anpil analiz dlo nan laboratwa Sendomeng, Majistra Mirbalè a fè analiz dlo a nan laboratwa nasyonal isit. Tout tès sa yo negatif. Eske se posib pouke se yomenm, solda Nepalè yo, ki ta gaye maladi a nan peyi a ?

Mwen menm, mwen pa wè kouman. Mwen konprann fristasyon moun ki bezwen rann lòt moun responsab soufrans yo. Mwen konprann sa. Mwen konprann nou bezwen boukemisè. Nou bezwen yon moun pou n ka di «Men, se li »

Kòm yo pa sanble nou, yo sanble lòt ras, yo pa menmjan ak nou, se pi fasil pou n di se yo olye pou n di se yon lòt. Mwen kwè se enjistis. Mwen kwè tou se dekouraje Ministah nan jefò l ap fè avèk nou pou ede n kontrekare maladi a. Fòk tou nou rekonèt travay Ministah ap fè atravè tout peyi a. Samdi, yo t ap fè yon operasyon ki rele, «Operasyon Boje. Nan kad operasyon sa a, non sèlman yo t ap distribye materyèl elektoral, men tou, yo te distribye bagay kont kolera. Tout jefò k ap fèt nan kad lit kont maladi a, se Ministah k ap fè yo. Kesyon pou mache distribye materyèl nan tout peyi a, ki lès k ap fè yo ? Si se pa Ministah ! Ki mwayen nou genyen pou n fè yo ? Tout Ministah a mete l osèvis denoumenm k ap lite kont maladi a. Li travay avèk otorite sanitè yo. Yo annik di yo bezwen tèl bagay ou tèl lòt, se touswit Ministah pote l. Mwen kwè, gen anpil politisyen k ap jwe sou sa. Donk, li pi fasil pou n di se yomenm. Men, sa pa esplike lojik pou n di, nou pa responsab ».

Pozisyon Michele Montas pran kont peyi a, Ayiti, anpatikilye kont moun Latibonit yo avèk tout lòt peyizan k ap soufri nan mera kolera sa a, montre klè lit pou dezokipasyon peyi a pap fasil. Sa Michele di yo refl ete panse tout yon klas moun sitou se pa yo ki malad. Pawòl sa a ou te kab tande l nan bouch Boulos, Apaid, Charles Baker ak yon bann ankò.






Page under  construction
Les collectivités territoriales

Le maire est chargé de l’exécution des décisions du conseil municipal et agit sous contrôle de ce dernier. Ses missions consistent à représenter la commune en justice, passer les marchés, signer des contrats, préparer le budget, gérer le patrimoine.


Il exerce des compétences déléguées par le conseil municipal et doit alors lui rendre compte de ses actes. Les délégations portent sur des domaines très divers (affectation des propriétés communales, réalisation des emprunts, création de classes dans les écoles, action en justice...) et sont révocables à tout moment. La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales autorise le maire à subdéléguer, à un adjoint ou un conseiller municipal, les attributions qui lui ont été confiées par délégation.

Le maire est titulaire de pouvoirs propres. En matière de police administrative, il est chargé de maintenir l’ordre public, défini dans le Code général des collectivités territoriales comme le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Il s’agit également de polices spéciales (baignade, circulation…). Le maire est aussi le chef de l’administration communale. Il est le supérieur hiérarchique des agents de la commune et dispose d’un pouvoir d’organisation de la commune.

mercredi, novembre 10, 2010

Beken - Chache Lavi Detwi Lavi



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

TINES SALVANT/Mwen Renmen w



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

Zin 2009 Ou Jwen n Bout Mwen By www.HaitianMyspace.com



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

Blondy - Yon ti pa chat http://www.haitianmyspace.com/HA/BLONDY



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

Nichols - je t'adore



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

nichol's & priscillia - doudou vini



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

Priscillia ( Dis le moi )



Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

dimanche, août 17, 2008

dimanche, juillet 06, 2008

Kompa Magazine Radio

Kompa Magazine Radio

Il faut etre en mesure de faire un choix acceptable.

samedi, avril 19, 2008

Analyses et Nouvelles d'haiti: Haiti Processus d�mocratique

http://www.etat.sciencespobordeaux.fr/institutionnel/haiti.html#Système%20judiciaire

Analyses et Nouvelles d'haiti: Haiti Processus d�mocratique

Haiti Processus démocratique


Institutions politiques
Système judiciaire

Décentralisation, déconcentration Partis politiques, Syndicats

Droits de l'homme Médias

La mise à jour de cette notice a été faite par M. Boubacar Issa Abdourhamane,
doctorant au CEAN, IEP-Université Montesquieu-Bordeaux IV



Processus démocratique
La République d’Haïti est un cas singulier puisqu’elle est indépendante depuis le 1er janvier 1804. Depuis cette date cependant, la première République noire au monde a connu une instabilité chronique matérialisée par une alternance entre tyrannie et anarchie. C’est ainsi que le pays a usé 29 Constitutions, 42 chefs d’Etat parmi lesquels sept sont restés au pouvoir plus de dix ans, 9 se sont autoproclamés Président à vie et plus de 26 ont été soit assassinés, soit contraints à l’exil.

Haïti n’a amorcé son processus démocratique qu’à l’issue de la dictature duvaliériste (François Duvalier de 1957 à 1971 et son fils Jean-Claude ‘‘baby doc’’ de 1971 à 1986). Cette période a été marquée par de graves violations des droits de l’homme orchestrées par les miliciens connus sous le nom de Tontons macoutes. Le processus alors amorcé connaît depuis lors, de nombreux soubresauts. Après le départ forcé à l’exil de ‘‘baby doc’’, le général Henry Namphy devient Président du conseil national de gouvernement. Une nouvelle Constitution est adoptée le 29 mars 1987 et en janvier 1988, Leslie Manigat, chef du parti des démocrates progressiste est élu à la présidence de la République.

Le processus démocratique est interrompu dès le mois de juin 1988 quand le général Namphy renverse le Président Manigat qui est contraint de s’exiler à Saint-Domingue. Mais dès le 18 septembre suivant, des sergents de la garde présidentielle destituent le général Namphy et placent le général Prosper Avril au pouvoir. Ce dernier est contraint à la démission le 10 mars 1990 par de fortes manifestations populaires.

Les premières élections véritablement démocratiques ont lieu le 16 décembre 1990. Elles se soldent par l’élection du père Jean-Bertrand Aristide, un théologien de la libération qui prône par ailleurs l’ouverture et le dialogue, apprécié des couches déshéritées de la société haïtienne. Il est investi en février 1991, mais sa politique réformatrice lui aliène notamment l’armée. Il est renversé à l’issue d’un coup d’Etat sanglant (plus de 300 morts) dirigé par le général Raoul Cédras dès le 29 septembre 1991 et se retrouve en exil aux Etats-Unis.

Ce coup d’Etat remet totalement en cause les acquis démocratiques du pays. Face à la réprobation internationale et aux tentatives de résistances intérieures, le régime militaire se durcit et les exécutions sommaires, tortures et disparitions deviennent quotidiennes. Après un embargo graduel et des discussions improductives menées par l’organisation des Etats américains sous la houlette des Etats-Unis, le conseil de sécurité des Nations unies autorise finalement Washington, le 31 juillet 1993, à utiliser tous les moyens nécessaires pour rétablir la légalité constitutionnelle.

Le 19 septembre 1994, les forces américaines débarquent à Haïti et le Président Aristide retrouve son fauteuil le 15 octobre 1994 après trois ans d’exil pour terminer son mandat. Le processus démocratique peut alors reprendre son cours avec les nouvelles échéances électorales. Les forces américaines font place à une mission des Nations unies initialement composée de 5700 soldats et 900 policiers, réduite finalement à 50 soldats et 250 policiers. L’armée a été dissoute depuis 1995. Elle est progressivement remplacée par une force de police formée par l’ONU.

Le processus électoral est mis en route sous supervision internationale par le biais du Conseil électoral permanent chargé de l’organisation et du contrôle de toutes les opérations électorales, y compris le contentieux. Le conseil électoral comprend 9 membres nommés pour un mandat unique de 9 ans durant lesquels ils sont inamovibles.

Des élections législatives et sénatoriales sont organisées en juin, août et septembre 1995 pour élire les 83 députés que compte l'Assemblée nationale et 18 des 27 sénateurs (le sénat se renouvelle partiellement tous les deux ans). Elles sont remportées par le mouvement Lavalas du président Aristide. Aux élections présidentielles de décembre 1995, le candidat soutenu par le mouvement Lavalas, René Préval, est élu dans un scrutin auquel participaient une dizaine d’autres candidats. Les recompositions de la scène politique et la démission du Premier ministre Rosny Smarth en juin 1997 ont ouvert une profonde crise politique. Les réformateurs menés de l’Organisation du peuple en lutte (OPL, défavorables au président Préval), s’opposent aux partisans de l’ex président Aristide (parti Fanmi Lavalas) en rejetant toutes les candidatures au poste de Premier ministre présentées par le Président de la République, obligé d’en exercer les attributions.

Les élections législatives, sénatoriales et présidentielles ont été préparées dans un climat de tension politique se traduisant par des assassinats, le mitraillage des domiciles de personnalités publiques sur fond d’une crise sociale et de violence liée aux réseaux de la drogue. Grâce notamment à l’ONU et les Etats-Unis, qui maintiennent une assistance et une présence dans le but d’appuyer le processus démocratique, les scrutins électoraux ont pu être organisées. Les élections pour désigner les 82 membres de l'Assemblée nationale organisée le 21 mai et 30 juillet 2000 ont donné la victoire au Fanni Lavalas (FL) avec 72 sièges, suivi de loin par le Mouvement National Chrétien 3 sièges, le Parti Louvri Baryé (PLB), 2 sièges, Espace (E) 2 sièges, Eskanp-Korega (EK) 1 siège, l'Organisation de Peuple en Lutte (OPL) 1 siège et 1 siège pour un candidat indépendant. Les élections pour élire les 27 Sénateurs ont été raflées par le Fanni Lavalas qui recueille 26 sièges soit la quasi totalité, ne laissant qu'un siège au Parti Louvri Baryé. Le processus électoral a été parachevé par l'élection présidentielle du 26 novembre 2000. Pour succéder au Président sortant Réné Garcia Préval, plusieurs candidats étaient en liste. L'ancien Président de Haïti, Jean -Bertrand Aristide du Fanni Lavalas a obtenu 91,69% des suffrages, Arnold Dumas 2,0%, Evan Nicolas 1,6%, Serge Sylvain 1,3%, Calixte Dorisca 1,3%, Jacques Philippe Dorce 1,1% et Paul Arthur Fleurival 1,1%. Le nouveau Président Jean- Bertrand Aristide entrera en fonction en février 2001. Certains partis politiques haïtiens contestent ces élections marquées par une écrasante victoire du Fanni Lavalas et la faible représentation des partis adverses. La communauté internationale en particulier les Nations Unies maintiennent leur vigilance sur Haïti, où la stabilité politique et institutionnelle reste encore fragile.



Institutions politiques
La Constitution du 29 mars 1987 stipule en son article 29 que les citoyens délèguent l’exercice de la souveraineté nationale à trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire.

Le pouvoir exécutif est bicéphale. Il est exercé par le Président de la République et le Premier ministre. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours pour un mandat de 5 ans. Il est rééligible, mais ne peut pas exercer deux mandats consécutifs. Le Premier ministre dirige le gouvernement. Il est nommé par le Président de la République dans la majorité parlementaire et doit obtenir l’investiture de l'Assemblée nationale. En cas de vacance de pouvoir, c’est le Président de la Cour Suprême qui assure l’intérim du Président de la République.

Le Parlement haïtien est bicaméral. Le pouvoir législatif appartient à l'Assemblée nationale et au Sénat. Les 82 députés et les 27 sénateurs sont élus au suffrage universel direct. La durée du mandat est de 5 ans pour les premiers et de six ans pour les seconds. Le renouvellement du Sénat se fait par tiers tous les deux ans. L'Assemblée nationale peut refuser sa confiance au Premier ministre. Par ailleurs, seul le Parlement a le droit de procéder à un amendement de la Constitution, sur proposition d’une des chambres ou du pouvoir exécutif. Le référendum est interdit en cette matière et la révision est subordonnée à des conditions draconiennes : elle ne peut intervenir que durant la dernière session ordinaire d’une législature ; le Parlement ne peut siéger pour cela qu’en présence d’au moins 2/3 des membres de chaque chambre et la révision n’est adoptée qu’à la majorité des 2/3 des suffrages exprimés. Enfin, l’amendement ne peut entrer en vigueur qu’après l’investiture du nouveau Président.

La Constitution a instauré une " commission de conciliation " dont le rôle est de trancher les différends qui opposent le pouvoir exécutif au pouvoir législatif. Cette commission est présidée par le président de la Cour de cassation, instance compétente en matière de contrôle de constitutionnalité des lois. Elle comprend le président de l'Assemblée nationale, le Président et le Vice président du Conseil électoral, deux membres désignés par le Chef de l’Etat.



Système judiciaire
Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour de cassation, les Cours d’appel, les tribunaux de première instance, les tribunaux de paix et les tribunaux spéciaux. Les juges de la Cour de cassation, ceux des 5 Cours d’appel et des 15 tribunaux de première instance sont inamovibles. Les juges de 185 tribunaux de paix et les magistrats du parquet ne le sont pas. La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif est compétente en matière de contentieux administratif et de contrôle des comptes de l’Etat, des entreprises publiques et des collectivités territoriales. Ses décisions sont susceptibles d’un pourvoi en cassation porté devant la Cour de cassation.

La Constitution prévoit une Haute Cour de justice dont la compétence est de juger le Président de la République pour haute trahison, pour crime ou délit commis dans l’exercice de ses fonctions. L'Assemblée nationale prononce la mise en accusation à la majorité des 2/3 et le Sénat s’érige en Haute Cour. Un rapport de l'ONU sur la situation des droits de l'homme souligne que "la maladie du système judiciaire haïtien marquée d'un dysfonctionnement de la chaîne pénale, du manque d'indépendance des juges et commissaires du gouvernement, des difficultés d'accès à la justice, continue à susciter des frustrations non seulement auprès des populations mais aussi auprès des bailleurs de fonds". La réforme du système judiciaire est une des recommandations en vue de renforcer l'Etat de droit dans ce pays.



Décentralisation, déconcentration
La Constitution traite expressément des collectivités territoriales et de la décentralisation. Les collectivités sont la section communale, la commune et le département.

La section communale est la plus petite entité territoriale. Elle est administrée par un conseil de trois membres élus au suffrage universel pour un mandat de 4 ans. Le Conseil d’administration de la section communale (CASEC) est assisté par une assemblée de la section communale. Les communes, qui disposent de l’autonomie financière, sont administrées par un conseil municipal de trois membres élus pour 4 ans au suffrage universel, avec à sa tête un maire.

Le département est la plus grande division territoriale. Il dispose de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Le département est administré par un Conseil de trois membres élus pour quatre ans par l’Assemblée départementale. Celle-ci assiste le Conseil départemental en déléguant un représentant par assemblée municipale.

La déconcentration de l’Etat s’opère par la nomination d’un délégué dans chaque chef-lieu de département. Les délégués sont assistés de vice-délégués au niveau des arrondissements. Ils assurent la coordination et le contrôle des services publics. Par ailleurs, inversement, un conseil interdépartemental composé d’un représentant désigné par département, fait la liaison entre les départements et le pouvoir exécutif. Les prochaines élections locales sont prévues en même temps que les élections législatives.



Partis politiques
La liberté d’association et de réunion à des fins politiques ou à toutes autres fins pacifiques est expressément garantie par la Constitution. Il existe plusieurs dizaines de partis politiques en Haïti. Dix sont représentés au Parlement mais nombre d’autres sont peu représentatifs ou ont une existence éphémère.

Parmi les plus importants, Fanmi Lavalas (FL) du Président Aristide actuellement majoritaire à l'Assemblée Nationale et au Sénat, le Mouvement Chrétien National, le Pati Ouvri Baryé (POB), Espace, Eskanp-Orega, l'Organisation de Peuple en Lutte, le Comité National du Congrès des Mouvements Démocratiques (KONAKOM), le Parti Nationaliste Progressiste Révolutionnaire (PANPRA), le Front National pour le Changement et la Démocratie (FNCD), le Mouvement pour l’Instauration de la Démocratie en Haïti (MIDH), le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), le Parti Démocratique Chrétien d’Haïti (PDCH), le Mouvement pour la Reconstruction Nationale (MRN), le Mouvement Organisation du Pays (MOP), le Parti Agricole et Industriel National (PAIN).



Syndicats
La liberté syndicale et le droit de grève sont garantis par la Constitution du 29 mars 1987. Il existe plusieurs syndicats de travailleurs en Haïti. L’activité syndicale est cependant discrète et difficile compte tenu de la situation économique catastrophique du pays. Le taux de chômage est de l’ordre de 60% et le secteur informel très important, ce qui limite la base syndicale.



Droits de l'homme
La République d’Haïti a souffert tout au long de ces dernières décennies, des violations chroniques et massives des droits de l’homme. Les habitudes de meurtre et de torture prises sous le régime de François Duvalier puis de son fils Jean-Claude, qui régnaient par une terreur orchestrée par les " tontons macoutes " semblent se perpétuer. Du coup d’Etat de septembre 1991 à la restauration de la légalité constitutionnelle en octobre 1994, plus de 3000 personnes ont été tuées.

L’attachement aux droits de l’homme est réaffirmé dans le préambule de la Constitution du 29 mars 1987. Plusieurs conventions internationales ont été ratifiées : déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, déclaration américaine des droits et devoirs de l’homme de 1948, convention américaine relative aux droits de l’homme, pacte international relatif aux droits civils et politiques, convention internationale des droits de l’enfant.

Par ailleurs, au regard des traditions de violation des droits de l’homme, l’armée a été dissoute, des efforts sont faits pour la remplacer par une police républicaine et un office de la protection du citoyen a été créé. Son rôle est de servir de rempart aux citoyens contre les abus de l’administration. Le protecteur du citoyen est toutefois nommé par le Président de la République. Même si des progrès ont été réalisés dans ce domaine depuis la restauration de la démocratie, les violences et les violations des droits humains sont aujourd’hui encore d’actualité. La presse rapporte quotidiennement ces violences qui proviennent cependant de moins en moins de l’Etat et de plus en plus de groupes armés versés dans les règlements de compte et le trafic de drogue. Amnesty International dénonce régulièrement les disparitions, les exécutions sommaires et l’impunité de nombreux tortionnaires.





Médias
La liberté de la presse a été sévèrement bafouée par les régimes militaires. Elle s’affirme à nouveau depuis le rétablissement de l’ordre constitutionnel sans les atteintes à la liberté d'informer soient définitivement abandonnées. Ainsi en avril 2000, le Directeur Général de la Radio Haïti Inter Jean Léopold Dominique a été assassiné. Dans ce pays, les journalistes sont souvent engagés aux côtés de leaders politiques et s’attirent les foudres adverses. Des journalistes de l’hebdomadaire Libèté, proche du père Aristide, ont été récemment inquiétés en avril 1999. Parmi les titres, on peut citer :

- Le Nouvelliste, le plus ancien des quotidiens, fondé en 1898. Il réserve une grande place aux débats et aux opinions. Le journal a publié quelques temps des textes en créole, mais a fini par abandonner l’expérience.
- Le Matin, quotidien fondé en 1907 par Clément Magloire. C’est un journal d’information qui se veut indépendant.
-Haïti observateur est un hebdomadaire édité à New York depuis 1971. Après s’être opposé au duvaliérisme, le journal, favorable aux militaires et à la ‘‘bourgeoisie’’, s’oppose actuellement à la mouvance du père Aristide.
-Haïti progrès, hebdomadaire édité à New York depuis 1983 est engagé. Il réserve une place importante aux provinces et au monde ouvrier et certains des articles sont en créole.
-Libèté, hebdomadaire édité à Port-au-Prince en créole. C’est un journal proche du père Aristide et de son mouvement politique, Fanmi Lavalas.

Le pays compte également une quarantaine de chaînes de radio dont la Radio Nationale d'Haïti, la chaîne publique et la télévision nationale.




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HAITI :

samedi, décembre 15, 2007

Analyses et nouvelles d'haiti

Je suis un amant de la technologie et de la politique. C'est un plaisir pour moi de consulter l'internet presque chaque jour. Je construis mon petit webside afin de sortir mes petites idées et storer certaines informations jugées nécessaires. Je fais des analyses sur certaines situations et permets aux visiteurs de lire quelques nouvelles en provenance d'Haiti. Je voudrais demander à tous qui auront la chance de voir mon blog de m'envoyant des commentaires et des suggestions jugeant utiles.

samedi, décembre 08, 2007

La mort

La mort n’est-elle pas toujours imminente
puisqu’elle nous est annoncée ?


Michel Clément Ph.D.


Université du Québec à Montréal
Courriel : mclement@gmx.fr
Version complète[1]



***

La pensée philosophique sur la mortne peut que se lire et se comprendre qu’à partir du mo­ment où l’on se défait de tout esprit de système ; les hypothèses et les paradoxes fusent, s’amalgament, se réfutent, mais il n’y a que des vérités du moment, construites sur des sols fria­bles que nous n’osons plus aujourd’hui nommer « vérités » dans le sens totalisant. Sachons premièrement que « penser la mort » est déjà un paradoxe qui ne quittera jamais la pensée. Ainsi, la philosophie n’arrivera plus à construire des systèmes qui expliqueraient toute la pensée et l’agir humain le monde, c’est pourquoi un philosophe comme Schopenhauer ne pense plus la mort par rapport à l’« être », c’est-à-dire à partir d’une métaphysique, mais la considère avant tout comme unphénomène purement physique ; nous serons alors plus près d’une approche matérialiste de la mort. Pour les penseurs grecs et romains, la mort était toujours imminente ; l’idéal aurait été de se l’approprier en l’amadouant, vivant son annonce comme la seule certitude : on essaiera alors dans un art de vivre consommé, de l’apprivoiser par une ascèse ou un travail d’analyse rationnel qui dissiperait l’angoisse. La philosophie contemporaine, profondément éclatée, pensera diversement la mort soit à partir de critères matérialistes ou métaphysique :le mérite de Vla­dimir Jankélévitch est d’avoir tenté d’en faire une synthèse.
***


« Sans doute devînmes-nous les hommes que nous les hommes que nous sommes pour avoir appris – comment, le saurons-nous jamais ? – que nous allions mourir. Les seuls restes loyaux de la préhistoire et l’Antiquité haute, nous les trouvons dans des tombes, ossements accompagnés d’objets. Les animaux n’ont ni objet ni mort. Cette fin redoutée nous appartient donc deux fois en propre : en tant que nous sommes des hommes, en tant qu’individus singuliers ; elle nous attend et nous atteint dans notre définition générique et notre singulière solitude. »[2]


La mort a-t-elle un sens qui puisse nous faire accéder à ses secrets dont seule la pensée briserait le silence ? Il est vrai que cette question remanie le problème de la connaissance et ce qui est en jeu dans le fait de savoir par une pratique de l’expérience et de la pensée ; et nous sommes ici devant la limite extrême de tous modes opératoires qui donnent à vouloir extraire du sens à partir de l’inconnaissable, c’est-à-dire de la mort elle-même dans son opacité. Pen­ser la mort nous conduit-il vers le dénudement de la pensée par le choc de la fin du sens ou vers une pensée dérobée[3] comme l’écrit Jean-Luc Nancy ? Nous n’achèverons jamais de buter sur cette part inconcevable du Réel qu’est la mort ; aucune maîtrise par le langage, ni le faire n’est maintenant possible. Alors le seul moyen serait-il de se laisser être nu quitte à y laisser une peau :

« Nu(e), c’est d’abord sans vêtement, sans rien de mis au-devant qui présente et qui signifie un état une fonction. C’est aussi laissant tout voir, mais en même temps, montrant qu’il n’y a plus rien à voir. Rien au-delà de la nudité, que plus de nudité encore. Ainsi, la nu­dité, je ne peux pas la voir – à moins de l’écarter à distance d’objet, de la mettre en fonction d’objet (médical, anthropologique…) Je ne vois la nudité qu’en entrant en elle, ou la laissant entrer en moi. Cela veut dire aussitôt que la nudité ne peut être qu’ouverte, ou plutôt, qu’elle est l’ouverture. Et cela veut dire, du même mouvement, que la nudité touche à l’autre. Il n’y a pas de nudité solitaire. Si je suis nu et seul, je suis déjà un autre que moi-même. Une nudité touche par essence à une autre nudité : elle la touche et elle l’ouvre en s’ouvrant à elle. Mais essentiellement obscure et sans fond, elle n’ouvre que sa fermeture : elle donne accès à la nuit. Mais elle donne accès. »[4]


Quelques philosophes auront tentés tout au long de l’histoire de comprendre par la Raison, l’intuition ou en acceptant de penser l’impasse et de produire ainsi d’autres apertures pour que d’autres voix se fassent entendre.







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« Ne pas craindre l’homme ! Cela veut-il dire gêner les morts ? »[5]


Il nous faudra donc mourir et cette imparable part du Réel, nous ne pouvons qu’en noter l’irrémédiable ; ce qui est seul possible, c’est d’en explorer les méandres dans nos cons­ciences prises dans la dénégation ou la fascination. En fait, de la mort, la philosophie n’a rien à en dire, sinon que par la Raison y constater et peut-être comprendre ce que l’homme dit et com­prend de sa finitude c’est-à-dire son rapport à la finitude ou la fin de son existence et cette tension paradoxale vers la vie, le bios malgré la mort. Pas plus que la théologie ne peut ex­traire d’une Parole et d’une pratique, l’essence de Dieu, la philosophie ne peut franchir les limites que la métaphysique lui ouvre vers l’Inconnaissance ou l’impossibilité absolue de couvrir le Réel dont la mort est un moment isolé et définitif. Notre époque, celle de la mort de Dieu, nous a, en quelque sorte, enlevé nombres de repères, ne serait-ce que rituels, et malgré l’évidence de la mort, elle tente de faire de l’irrémédiable, une éternité glacée, momifiées sous des formes qu’elle croit nouvelles : une telle entreprise de dénégation de la mort ne peut qu’aboutir qu’à des hécatombes systématisées ; en regardant mourir à distance, l’illusion de l’invincibilité métaphysique voire politique ne peut que s’installer durablement dans la pensée dominante. Bien que cette dénégation émane de la Raison, celle-ci ne peut, par contre, se sa­tisfaire d’autant d’imprécisions dans l’analyse de l’analyse de toutes finitudes ; ainsi, il n’y a dans ce domaine qu’une seule certitude universellement connue et acceptée dans l’ordre du Réel : l’éternité est tout aussi impensable que la mort inévitable. Le problème de la mort est donc coincé entre deux pôles, celui du « mystère de la mort » dirait V. Jankélévitch[6] et celui des effets de la mort sur l’homme, donc des phénomènes qu’elle engage sur la conscience et sur les sociétés.



***

«… mortalité de toute chair ne m’effraie pas autant

que la finitude précédant la mortalité… »

« Il y a tant de réalité désespérée

qu’un fantôme devient notre espoir… » [7]


Le rapport entre finitude et désespoir ne fait aucun doute, car de ce mouvement, que d’aucun prétendrait voilé par l’angoisse névrotique, n’en recèle pas moins une lucidité à froid d’une fin certaine dont on ne connaîtra ni le moment ni moins encore les circonstances ; afin de se rassurer nos contemporains essaieront de rapprocher les connaissances biologiques, gé­nétique et statistiques pour se créer dans l’imaginaire un espace où sa propre mort ne se joue­rait dans le prévisible : « les probabilités d’après les plus récentes découvertes montrent que… . Cette phrase maintes fois répétée par des scientifiques en mal de mythologie et d’éternité nous dé­montre que la mort devient non plus déterminée par certains facteurs maté­riels et sociaux, mais tout aussi prévisible que le serait le temps, le mouvement des climats, les cotes boursières, etc. Ainsi, l’euthanasie qui ne sera soumise qu’à la liberté de chacun, dans un contexte de rationa­lisation et de réorganisation des espaces d’existence et de vie en société, ne peut maintenant qu’être repensée en terme d’une atteinte éthique contre l’expression même de l’espoir sous toutes ses formes ; ce qui sera ici ouvert n’est pas la fin de souffrances inhumaines infligées à des malades constamment au bord du gouffre, mais une introjection et donc une réponse vers la mort volontaire, aux violences des discours sociaux et politiques dominants, préoccupés par un constant besoin de contrôle et réorganisation : il se pourrait bien après tout que, par exem­ple, certaines tranches de la population finissent par comprendre que leur utilité n’est plus socialement monnayable et, aidées en cela par des me­sures incitatives (rentes viagères pour la descendance, sépulture gratuite en échange de dons d’organes, etc.), ils s’offrent pour unefin programmée. Quoique l’on dise, nos sociétés mo­dernes et dites développées n’en sont pas très loin ; il se pourrait bien qu’un jour, il y ait un problème de coût et d’espace…et que l’on asso­cierait ces menaces à l’urgence de survie à laquelle toute société doit répondre. Cette échéance planifiée, organisée juridiquement et structurée sur un discours auto-justificateur[8] garde des assises importantes dans nos sociétés modernes et la mort captive du condamné ne sera jamais celle de l’homme libre :

« Il y a pourtant quelqu’un qui connaît la date de sa mort, c’est le condamné à mort. Oui, c’est une expérience monstrueuse. Mais elle est impensable pour un homme normal parce qu’elle est celle d’une vie dans laquelle l’heure de la mort est certaine au lieu d’être incertitude. Non seulement le fait de mourir est certain, mais la date est connue, et cela ne l’est pour personne. Quand ces deux choses sont certaines, alors la vie est invivable. L’homme n’est pas fait pour connaître cette date, il est fait pour l’entrouverture. Sa vie est fermée par la mort mais elle est toujours entrebâillée par l’espérance, ce qui fait qu’il n’est jamais nécessaire de mourir. C’est cette espérance qui est refusée au condamné à mort. Cela est contre nature, inhumain. C’est un temps monstrueux… »[9]


Ainsi, comme l’écrit le philosophe, l’homme devient une bête tra­quée[10], dans cette conscience affolée de sa propre fin, le condamné rejoue en esprit, l’inévitable, connaissant la minute précise de son anéantisse­ment. A cet extrême, ajoutons que l’annonce d’une maladie que les techniques actuelles ne peuvent guérir, bouleverse et cons­truit un autre temps : l’espoir ne peut plus être mesuré ; il tient uniquement à une échéance qui pourrait s’ouvrir vers l’inattendue. Alors se pose la question aiguë de la liberté[11], du temps[12] incompressible qui nous empêchera toujours, malgré les illusions longuement entretenues, d’en freiner les effets et les conséquences ou d’en modi­fier rétrospectivement le cours. C’est pour cela que Jankélévitch écrit avec ironie : « Ensuite le rescapé qui a vu la mort de près n’a rien vu du tout, puisqu’il est rescapé. Il s’agit plutôt d’une sorte de docte ignorance, d’une science mystérieusement nesciente. D’autre part, la réciproque ne peut être niée : moins les hommes savent, plus ils parlent. »[13] De plus, il réfutera constamment le concept et la réalité d’une résurrection ou d’une quelconque transfiguration, dans l’ordre de la Raison et d’une certaine métaphysique, et non à partir d’une foi en un Dieu au centre même de théologies di­verses : la mort est ici irréductible et elle ne peut donc être confondue à un degré supérieur d’une longue chaîne de métamorphoses[14]. Ainsi, par cette lec­ture et ce refus que d’aucun quali­fierait à tort de rationaliste, ces passages vers Sirius que proposent certains ésotérismes dits modernes, qui feront toujours de la mort un de leurs plus puissants narcotiques détruisent toutes dialectiques s’efforçant de faire trace du paradoxe ; pourrions-nous ajouter que la toute-puissance est à ce prix ! Notons aussi que Jankélévitch ne confondra jamais, à cet égard, foi et croyances, bien qu’il n’y ait dans sa pensée aucune trace d’un démiurge régissant le monde et à plus forte raison la vie, donc la mort : le problème ne se situerait pas à ce niveau, mais dans le paradoxe qu’il énonce ainsi : « L’homme est donc à la fois dans la mort et hors d’elle; car la contradiction du dedans et du dehors, comme elle règle incompréhensiblement les rapports du corps et de l’âme, règle ceux de la mort et de la conscience. »[15] Ainsi, l’exercice de la pen­sée et en particulier sur ce problème à la fois de la finitude et de la mort, est-il confronté à sa totale fragilité : la mort de l’être pensant la mort.[16]


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« Il faut ôter le masque aussi bien des choses que des personnes : ôté qu’il sera, nous ne trouverons au-dessous que cette même mort, qu’un valet ou simple chambrière passèrent dernièrement sans peur. »[17]


Les philosophes antiques auraient-ils banaliser la mort ?[18] Bien que fortement décontextuali­sée, cette question est tout à fait actuelle puisqu’une part de cette philosophie, surtout stoï­cienne,resurgit avec force en notre siècle tourmenté[19]. Le scepticisme de Montaigne ajoute davantage au paradoxe que pose cette question. Dès le tout début du chapitre Que philoso­pher, c’est apprendre à mourir, Michel de Montaigne renvoie son lecteur à Cicéron qui lui servit de point d’appui pour discuter à partir de l’opinion de quelques anciens sur le fait que philosopher, c’est effectivement apprendre à mourir[20]. Il remet donc en place certains faits dont celui de la volupté et des plaisirs que trop de philosophes ignorent répondant à l’imprévisible de la mort, non pas par la vie même mais par un renoncement systématique à ce qui parcourt l’existence c’est-à-dire la recherche et la découverte de la joie des plaisirs. Mon­taigne ira encore plus loin :

« Qu’importe-t-il me direz-vous, comment que ce soit, pourvu qu’on ne s’en donne point de peine ? Je suis de cet avis, et en quelque manière qu’on se puisse mettre à l’abri des coups, fût-ce sous la peau d’un veau, je ne suis pas homme qui y reculasse. Car il me suffit de passer le temps à mon aise ; et le meilleur jeu que je me puisse donner, je le prends, si peu glorieux au reste et exemplaire que vous voudrez, Si mes défauts me plaisent, s’il m’abusent, /J’aime mieux passer pour fou ou sot/Que d’être un sage et d’en enrager. (Horace, Epîtres) »[21]


Nous sommes donc, ici, aux antipodes d’un ascétisme mortifère qui fera de la vie l’antre de la mort. Ce qui ne dispense nullement le sage d’y penser afin de s’imprégner non de sa réalité qu’il ne connaît pas encore, mais de son éventualité qu’il recon­naît aussi par la mort des autres, mais il devra toujours rester sensible au fait que de vouloir faire d’un hasard, une certitude dans le temps, voire faire de l’imprévisible, une entrave ab­solue à la Raison, est une erreur que la vie même récuse.[22]


La mort de Socrate (-470 à -399) a été fort longuement commentée au cours des siè­cles et ce qui nous reste est essentiellement ce que nous rapporte son disciple Platon(-428 à 348) dont on ne saura jamais s’il utilise la mort de son maître pour des fins académiques ou s’il respecte essentiellement l’enseignement socratique ou tout particulière ce qui touche son suicide soit dans l’Apologie, le Criton ou encore dans le Phédon. Ce qui importe avant tout, c’est de dégager la conception de la mort que ces philosophes ont laissée à leurs successeurs et aux nombreux interprètes autant grecs, latins, juifs, arabes et chrétiens ; nous prendrons le Phédonqui met en place quelques disciples autour d’un Socrate attendant le moment précis de sa mort. Comment un philosophe doit-il ou peut-il accepter une mort injuste[23], mais surtout quels sont donc les liens entre la pensée philosophique et l’homme attendant sa fin prochaine. Tout le débat repose sur la question épineuse de l’immortalité de l’âme, mais avant tout de cette relation particulière qui constitue l’être, c’est-à-dire celle qui agit entre le corps et l’âme. Dans la recherche de la vérité, Socrate considère le corps comme un obstacle qui « trouble l’âme » par ses affections, ses variations, son manque de constance[24] et empêchera le philoso­phe d’atteindre un plus haut degré de vérité ; par cette « mise à part » de l’âme, la philosophie est purificatrice, elle engage celui qui la pratique[25] dans une méditation constante sur ses fins et cette pratique, que l’on pourrait aussi nommer « ascèse », n’est pas une voie pour les « tempérants » qui ne sont pas des philosophes comme l’écrit Platon ; cela donc fait entrer toute l’existence dans un processus de « mise à mal » ou une critique radicale de toutes réali­tés faisant obstacles à la véritépuisque nous sommes « (…) semblables à un homme qui, ha­bitant à moitié du fin fond de la pleine mer, se figurerait habiter la surface de la mer, et, aper­cevant à travers l’eau le soleil et les autres astres, prendrait la mer pour le ciel. »[26] et que la paresse ou la faiblesse nous empêche d’émerger et de voir que cette mer est plus pure et plus belle. Platon énonce ainsi ce que pourrait être, d’après le mythe, l’après-mort du philosophe ayant observé une existence exemplaire à cet égard, le philosophe fait donc dire ces paroles à Socrate, peu de temps avant de boire le poison : « Mais parlons maintenant de ceux dont il a été reconnu que leur vie a été exemplaire sous le rapport de la sainteté : ce sont ceux qui, ainsi que de prisons, se sont libérés, dégagés de ces lieux intérieurs à la terre, eux qui, parvenus vers le haut jusqu’à la pure résidence, résident ainsi sur le dessus de la terre. Or, parmi ces dé­funts mêmes, ceux qui, par la philosophie, se sont purifiés comme il faut, vivent complète­ment sans corps pendant tout le temps qui suit ; ils parviennent en outre à des lieux de rési­dence, plus beaux encore que les précédents ; mais, pour les décrire, il me manque, et les moyens de la faire aisément, et, dans les circonstances présentes, le temps qu’il y faudrait. »[27]


Le philosophe stoïcien Sénèque (-4 à 65) situe le problème de la mort sous autre angle, c’est-à-dire que la philosophie est surtout un art de vivre[28] que la conscience de la finitude invite à développer et par lequel on reconnaît celui quila pratique ; il y a chez les grecs, du moins ici chez Sénèque et aussi Epictète (50 à 125/130)[29], une adéquation entre la critique et le discernement qu’apporte la Raison et une pratique quotidienne de ses principes. Il faut aussi souligner qu’à l’instar de Platon, sur la question de la recherche de la vérité par une ascèsede la Raison, les stoïciens feront de leur pratique philosophique, une critique systématique des passions[30] en vue de les tempérer afin d’en arriver à une sagesse concrète et non spéculative. Ainsi, dans un de ses livres De la brièveté de la vie, Sénèque fait essentiellement un bilan des préoccupations humaines créées en vu de fuir toute lucidité sur eux-mêmes et il écrit donc après tant d’autres : « Mais c’est pendant la vie entière qu’il faut apprendre à vivre, et, ce qui paraîtra peut-être plus étonnant, c’est pendant la vie entière qu’il faut apprendre à mourir. »[31] et à ceci, il ajoutera : « L’attente de la nuit leur fait perdre leur journée, et la crainte du jour leur fait perdre la nuit. »[32]


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Arthur Schopenhauer (1788-1860) a développé son système de pensée en se détachant de la philosophie platonicienne des Idées pour jeter un regard différent sur l’existence de l’être et sa finitude à partir de la notion de nécessité ou de Volonté[33] : ainsi, les formes de la représentation qui émanent de notre esprit sont constamment en conflit avec les illusions qu’elles produisent, ce qu’il nommera « le voile de Maïa »[34] ; la tâche de la pensée sera donc de dé-voiler. Cette philosophie est en relation directe avec le corps, l’intuition et les forces fondamentales de la vie (le bios grec) qu’il faudra donc brider ou dépasser par la Connais­sance : la vie est donc douleur par essence et refuser ce fait est alors dépendre entièrement du vouloir-vivre ou de la Volonté pure. Afin d’en arriver à la sagesse et développer une « distance » vis-à-vis de la Volonté, le philosophe proposera alors une ascèse, somme toute, très épicurienne qui prendra la forme de l’ataraxie ou l’indifférence ; il s’agira ici, contraire­ment aux stoïciens, non pas de « casser » le désir, mais de ne pas succomber à ses illusions.[35]


L’être ne peut que se consoler par la Raison de sa mort prochaine et cela prendra plu­sieurs formes ; il y aurait donc cette ascèse qui servira d’appui et aussi cette conviction pro­fonde chez lui d’une métempsycose[36] qui la preuve incontournable de notre éternité[37] dans l’existence (le dzôê grec) au cœur même des forces de la vie (bios). Ce qui est tout de même paradoxal chez Schopenhauer c’est à la fois cette insistance très fort à la lucidité de chaque instant par rapport aux forces de la Volonté et du Vouloir-vivre et ces constructions presque mythiques d’une éternité qui s’appuie essentiellement sur certaines croyances religieuses (bouddhisme, hindouisme) qu’il transforme en savoir ; il est, par contre, aussi vrai qu’une philosophie qui admet l’intuition comme « instrument de recherche » peut construire son sys­tème sur des bases qui ne dépendent plus uniquement de la Raison. Ainsi il s’appuiera sur les Védas pour écrire ceci : « Et par-dessus tout la mort est la grande occasion de n’être plus le moi : heureux alors qui sait en profiter ! »[38]


Par Schopenhauer et bien d’autres après lui tels Nietzsche (1884-1900) et Heidegger (1889-1976), la place de la métaphysique fut à la fois fortement ébranlée et réinstallée et, par le fait même, la question de la mort et ses paradoxes : ceux-là qui se crurent hors de la mort en creusant le sens de la finitude, meurent aussi, cois et dénudés.[39]


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« (…) j’en ai assez que des assassins et des négateurs de la vie proclament qu’ils sont la vie, cela revient trop souvent, dis-je, pour susciter en moi une révolte obstruée, il n’y a rien de plus monstrueux, de plus humiliant que de nier la vie pour faire plaisir aux négateurs de la vie, puisque même à Auschwitz naissaient des enfants. »[40]


Le XXe siècle a largement dépassé toutes les possibilités d’anéantissement de l’humanité, mais il a tout particulièrement contribué à la systématisation des meurtres de masse pour des fins politiques et militaires[41] ; ce n’est donc pas une erreur de considérer que la Shoah s’érige face à l’histoire, comme une rupture violente dans la pensée occidentale : nous savons maintenant que toute vie ne tient qu’à la volonté du Maître et que, par conséquent tout peuple est à sa merci. Autant certaines idéologies font de la mort, l’essence de leur mystique du sang et de la purification, autant certains idéologues cher­cheront-ils dans le déni à faire de la mort de l’Autre, la preuve indubitable de son absence de mémoire, donc de parole, en le confrontant avec preuves, à ce qu’ils nomment « ses menson­ges » : un des exemples les plus absurdes de notre époque dans ce type de discours, est celui des négationnistes de la Shoah qui, prétendent-ils, preuves à l’appui (l’inexistence des chambres à gaz)[42], iront jusqu’à écrire et dire que les survivants, donc les victimes ne peuvent parler au nom de la mémoire, et moins encore à partir de faits vérifiables : le regard des survivants ne peut être que parcellaire, car la mémoire s’est éteinte…et par le fait même tout ce que les témoins en diront ne pourrait qu’être « mensonges ». Tout régime totalitaire ou colonial et toutes justifications et apologies de crimes de guerres sont construits sur cette perte ou ce déni de mémoire ; de là, l’utilité stratégique de l’éradication d’une langue, d’une culture, la mémoire commune, de ses lieux et par conséquent, cet anéantissement transformera tous témoins en « étrangers de mémoire », ce qui est le socle de l’aliénation. Précisément dans ce cas, un renversement s’est opéré : les victimes osèrent défier les lois inexorables de l’Histoire en se l’appropriant, ce que tous les pouvoirs impériaux ne peuvent tolérer. Il serait alors intéressant de compren­dre le dé-lire négationniste[43] comme symptôme des rapports de l’homme contemporain avec son ultime finitude et son acceptation tacite à la réification des cultures dominées et par cela, à leur disparition consentie par la Rai­son impériale. La quête philosophique de ce siècle est d’autant plus renvoyée à elle-même, dans ce cas précis, que le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) n’a jamais fait l’aveu, ni encore moins pensé son adhésion à un des régimes politiques les plus meurtriers[44]du XXe siècle. Pourtant, dans son article Sérénité[45] rédigé en 1955, tous les éléments critiques étaient en place pour comprendre cette rupture définitive dans l’ordre métaphysique et phénoménologique. Le philosophe scindera donc la pensée en deux paradigmes soit celle qui calcule et celle qui médite ; ce qui sera l’axe de sa réflexion sur les techniques reposera uniquement sur la menace que représente un des paroxysmes des techniques moder­nes qu’est l’utilisation militaire de l’atome et ses répercussions relevant d’une urgence à penser en ces années d’après-guerre[46] ; jamais, il ne fera allusion à ce qui fut et demeure le modèle de destruc­tion systématique à coté duquel la bombe atomique apparaît comme une ombre dont les dangers de destruction totale sont réels, mais largement virtuels dans une stratégie de dis­suasion[47] ; les faits ont depuis longtemps démontré que les techniques développées autour de la Shoah furent largement reprises par certains régimes totalitaires modernes[48]. Nous sommes donc par ce fait même ramenés brutalement à la question du savoir et de ses fondements critiques ; la philosophie moderne et les sciences ont hérité des Lumières, cette notion de progrès qui ne peut plus maintenant être l’objet d’une fascination : la mort se fait donc point-aveugle dans le malstrom déterministe des techniques qui brise toute mise en relief, ce qui produira nécessai­rement ce que les stratèges appellent des « dommages collatéraux » : on vérifiera dorénavant in vivo ce qui fut longuement cogité in vitro. On oubliera donc trop souvent ce qui est à l’origine de cet effort de connaître et ses relations étroites avec le pouvoir de dire et de faire ; à ce propos, Michel Serres s’inspirant de l’Euthydème[49], écrira ceci : « Le savoir se mesure, comme la force, au nombre de dents. »[50]


Ces positions posent donc de nombreuses questions qui ajouteront, bien sûr, au para­doxe de la philosophie dans la Cité et parmi celles-ci, une seule pourrait être relevée : le phi­losophe peut-il être absent de la mise à mort de l’être ? Nous savons depuis longtemps que le sage peut servir le tyran et contribuer à justifier la toute-puissance de la Raison d’État et qui pourrait en toute impunité régner par le sang et la terreur[51].


Ainsi, il serait difficile sinon impossible de dépasser ces paradigmes, sans nier la réalité même de la mort dans un effort qui confinerait au délire de toute puissance ; la mort devient alors objet d’un discours, ce que l’on nomme phénomène et s’actualise dans les actes individuels et so­ciaux par le discours et des signes ; à cet égard, les exemples contemporains affluent. Ainsi, nous pourrions avancer cette hypothèse : comme nous le savons, l’être social ne peut vivre en retrait de toutes idéologies, mais celles-ci ne peuvent construire symboliquement leurs dis­cours que par les morts que l’on « prend à témoins » et, par surcroît, la mort que l’on dresse comme arme de conquête, car tout pouvoir est à ce prix : certes, construire un mausolée est un acte de mémoire, mais peut être aussi un acte de guerre ; le paradoxe est alors noué[52].


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BIBLIOGRAPHIE



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[1] La version allégée a été publiée dans la revue Frontières (2002) : www. unites.uqam.ca/cem/frontieres/html
[2] Serres, Michel (2001), p. 1.
[3] « La pensée dérobée n’est pas plus pensée anéantie (inconscience, sommeil, mort) qu’elle n’est pensée mainte­nue identique. Elle est pensée qui se dérobe aux attendus et aux exigences du savoir (sur les modes de l’intuition ou du concept, de la représentation ou du calcul) tout en restant pensée, c’est-à-dire un acte qui tout d’abord est présent à lui-même (« tout ce qui se fait en moi dont je m’aperçois », dit Descartes – et donc aussi bien sensation ou sentiment d’intellection ou volition). La pensée du non-savoir est donc la pensée qui n’a rien à penser comme un contenu appropriable, et qui n’est que présence à soi sans contenu. (En un sens, on pourrait montrer que c’est bien le cogito de Descartes qui s’est ici développé jusqu’aux limites, et à travers Kant et Hegel. Bataille le savait, et de plusieurs manières il l’a précisé. Mais j’ai dit que je ne m’arrêterais pas ici à étudier des textes. C’est le mouvement d’une pensée qui doit nous importer.) ; Nancy, Jean-Luc (2001), p. 33.
[4] Nancy, Jean-Luc (2001), p. 35-36.
[5] Holan, Vladimír (1905-1980) :poète tchèque :in Holan, Vladimir (1991), p. 79.
[6] Vladimir Jankélévitch (1903-1984) : philosophe français ; nous travaillerons à partir d’un de sestextes les plus célèbres, La mort, paru en 1977. Il ajoutera à propos du problème que la mort pose à la philosophie : « La vie ne nous parle pas du néant, la vie ne nous parle que de la vie ! Inversement la philosophie de l’instant mortel vise­rait tout droit le centre du mystère…si elle était possible : mais elle est impossible parce qu’elle est sans consis­tance vivable, et parce qu’elle ne trouve rien à dire dans ce rien de durée, rien à conclure de ce non-sens. La philosophie de l’en-deçà, si bavarde, ne nous apporte aucune révélation sur la mort. » in Jankélév itch, Valdimir (1977), p. 220.
[7] Holan, Vladimír (2001).
[8] Dans son édition européenne, le magazine anglais, d’idéologie libérale, The Economist, dans son numéro du 12 mai 2001 (A Convenant with death et « The rights and wrongs », « Should America kill the Oklahoma city bom­ber ? »), démontrait, par la condamnation à mort de Timothy Mc Veigh, pourquoi il était quelques fois nécessaire d’exécuter des crimi­nels. Il est d’ailleurs à prévoir qu’après l’introduction de certaines mesures d’humanisation de la peine de mort (l’injection létale), on cesse peu à peu de condamner des déficients mentaux ou des mineurs afin d’ajouter de la crédibilité à, ce moyen considéré par certains comme nécessaire à la défense de la société.
[9] Jankélévitch, Vladimir (1994), p. 30-31.
[10] Jankélévitch, Vladimir (1977), p. 147.
[11] « Je suis libre, mais ne me demandez pas comment. La liberté et la vitalité ne peuvent être prouvées, et pourtant leur évidence proteste comme toute entreprise réductionniste. La liberté, comme Dieu, existe sans consister, et elle est d’autant plus existante qu’elle est inconsistante. » in Jankélévitcvh, Vladimir (1977), p. 134.
[12] Le tempus nudum et purum selon V.J. , Jankélévitch, Vladimir (1977), p. 167.
[13] Jankélévitch, Vladimir (1977), p.222.
[14] « Mais ce franchissement n’a rien d’une transmigration, ni d’une transformation ; mais le trépas n’a rien d’un passage ! Si la douleur est symptôme de transformation, et si la mort n’est pas une transformation, alors de deux choses l’une : ou bien la douleur ne nous donne pas la moindre idée d’une souffrance plus déchirante que toute souffrance, ou bien la mort est d’un tout autre ordre que la souffrance, et en ce cas, mourir ne doit pas faire mal ! Car souffrir prend du temps, et celui qui meurt n’a littéralement pas le temps de souffrir…Non, la mort n’est d’aucune manière une transformation ; ni une transformation minuscule, ni une transformation majuscule ; ni une transformation mineure, ni une transformation majeure, ni même à proprement parler la transformation maximale ! La mort n’est pas l’abandon de telles ou telles déterminations, mais l’abandon de toute forme ; et elle n’est pas seulement l’abandon total de la forme, mais l’abandon de la substance même qui supporte cette forme et du support même de ce support,et ainsi à l’infini. » Jankélévitch, Vladimir (1977), p. 241.
[15]Jankélévitch, Vladimir (1977), p. 426.
[16] « La mort en effet n’est pas un objet comme les autres : c’est un objet qui, étranglant l’être pensant, met fin et coupe court à l’exercice de la pensée. La mort se retourne contre la conscience de mourir ! Car voici le comble de la dérision, d’une dérision plus noire que l’humour le plus noir : non seulement, comme le montrait Pascal, le raisonnement mathématique est à la merci d’une migraine, mais c’est l’être pensant en général qui à la merci d’une syncope. Un homme qui a sommeil se trouve dans une dépendance partitive et provisoire à l’égard de son corps ; mais le plus grand sage du monde, frappé d’une attaque d’apoplexie, cesse pour toujours de penser. Comment la sagesse des sages peut-elle dépendre d’un transport au cerveau ? Comment un arrêt du muscle ap­pelé cœur peut-il déterminer unarrêt de la pensée, de cette pensée même qui pense les battements du cœur, et les insuffisances cardiaques, et découvre les moyens de les soigner ou plus naïvement encore, comment un mé­decin peut-il être malade ? » : Jankélévitch, Vladimir (1977),p. 417.
[17] Michel de Montaigne (1992), p. 74.
[18] Jankélévitch considère que la banalisation de la mort est au centre des philosophies ascétiques grecques : « Il y a bien un moyen de banaliser, de minimiser et même d’économiser complètement l’instant de la mort ; et toutes les philosophies ascétiques connaissent ce moyen : il consiste à faire de la vie une mort perpétuelle, et du vivant sinon un être mort-né, du moins un être mourant-naissant. Qu’est-ce que vivre, pour l’ascète sinon mourir à petit feu ? Qu’est ce que l’existence, pour l’ascète, sinon une sorte de long coma philosophique ?La mort en ce cas n’est plus un événement unique qui survient à la fin de la vie, mais un phénomène incessant qui intervient à chaque minute en cors d’existence ; la mort se trouve donc répartie le long de la durée, sur toutes les heures et sur toutes les minutes de ces heures. La vie, en somme, cesserait sans cesse. » : Jankélévitch, Vladimir (1977), p. 461.
[19] Nous n’avons qu’à énumérer les nombreuses rééditions des œuvres de Sénèque, de Marc Aurèle, parmi les plus célèbres, pour s’en convaincre.
[20] Epicure dira : « Habitue-toi à penser que la mort n’est rien par rapport à nous ; car tout bien – et tout mal – est dans la sensation : or la mort est privation de sensation. Par suite la droite connaissance que la mort n’est rien par rapport à nous, rend joyeuse la condition mortelle de la vie, non en ajoutant un temps infini, mais en ôtant le désir de l’immortalité. Car il n’ y a rien de redoutable dans la non-vie. Sot est donc celui qui dit craindre la mort, non parce qu’il souffrira lorsqu’elle sera là, mais parce qu’il souffre de ce qu’elle doit arriver. Car ce dont la présence ne nous cause aucun trouble, à l’attendre fait souffrir pour rien. Ainsi le plus terrifiant des maux, la mort, n’est rien par rapport à nous, puisque, quand nous sommes, la mort n’est pas là, et, quand la mort est là, nous ne sommes plus. Elle n’est donc en rapport ni avec les vivants ni avec les morts, puisque, pour les uns, elle n’est pas, et que les autres ne sont plus. Mais la foule fuit la mort tantôt comme le plus grand des maux, tantôt comme la cessation des choses de la vie. Le sage, au contraire ne craint pas de ne pas vivre : car ni vivre ne lui pèse ni il ne considère comme un mal de ne pas vivre. » : Epicure (1999), p. 219.
[21] Michel de Montaigne (1999), p. 65.
[22] « De vrai, les hasards et dangers nous approchent peu ou rien de notre fin ; et si nous pensons combien il en reste, sans cet accident qui semble nous menacer le plus, de millions d’autres sur nos têtes, nous trouverons que, gaillards et fiévreux, en la mer et en nos maisons, en la bataille et en repos, elle nous est également près. » : Michel de Montaigne (1999), p. 67.
[23] Le Criton sur cet aspect sera plus complet.
[24] « Quand donc reprit Socrate, l’âme atteint-elle la vérité ? Lorsqu’en effet c’est avec le concours du corps qu’elle entreprend quelque examen, elle est alors, cela est clair, entièrement abusée par lui. – Tu dis vrai ! – N’est-ce donc pas dans l’acte de raisonner, plus que partout ailleurs, que l’âme obtient la claire vision d’une réalité ? – Oui – D’autre part, la condition la plus favorable, certes, pour qu’elle raisonne bien, c’est je pense, quand rien ne la trouble de tout ceci, ni ce qu’elle entend ni ce qu’elle voit, ni une souffrance et pas davantage un plaisir, mais que, au plus haut degré possible, elle en est venue à être isolée en elle-même, envoyantpromener le corps, et que, sans commerce avec celui-ci, sans contact non plus avec lui, elle aspire au réel autant qu’elle en est capable ! », Le Phédon in Platon(1950), p. 776.
[25] « (…) à mettre le plus possible l’âme à part du corps et accoutumer celle-ci, étant elle-même par elle-même, à se recueillir, à se ramasser en partant de tous les points du corps, à vivre autant qu’elle peut, aussi bien dans le présent actuel que dans la suite, isolée et par elle-même, délivrée de son corps, comme si pour elle c’était des liens ? – Hé oui ! absolument, dit-il. Mais ce qu’on appelle « mort », n’est-ce pas précisément, entre âme et corps, le fait d’être délié et lis à part ? Oui parfaitement ! dit Simmias – Or, délier l’âme, ceux qui ;, disons-nous, y mettent toujours, et eux seuls, le plus de zèle, ce sont ceux qui au sens droit du terme, se mêlent de philoso­pher ; et l’exercice auquel proprement se livrent les philosophes, c’est de faire qu’entre âme et corps se réalisent ce déliement, cette lise à part ; n’est-ce pas ? – Evidemment ! » : Le Phédon in Platon(1950), p. 779-780.
[26] Le Phédon in Platon(1950), p. 843.
[27] Le Phédon in Platon(1950), p. 850.
[28] Voir sur cette question, le concept de « souci de soi » dans le livre de Michel Foucault (2001).
[29] Le titre du Premier chapitre du premier Livre des Entretiens de ce philosophe romain présente ce qui sera à la base même de sa pensée dont la Raison seule fait prendre conscience : « Des choses qui dépendent de nous et celles qui n’en dépendent pas. ».
[30] Sénèque, dans La Brièveté de la vie, donnera la parole à un vieillard qui fait le bilan de ses passions et de ses errements : « Dans la foule vieillards, j’ai envie d’en attraper un et de lui dire : « Nous te voyons arrivé au terme de la vie humaine ; cent ans, ou davantage, pèsent sur toi. Eh ! bien reviens sur ta vie pour en faire un bilan ;dis-nous quelle durée en a été soustraite par un créancier, par une maîtresse, par un roi, par un client, combien de temps t’ont pris les querelles de ménage, les réprimandes aux esclaves, les complaisances qui t’ont fait courir aux quatre coins de la ville. Ajoute les maladies dont nous sommes responsables ; ajoute encore le temps passé à ne rien faire ; tu verras que tu as bien moins d’années que tu n’en comptes. Remémore-toi combien de fois tu as été ferme dans tes desseins, combien de journées se sont passées comme tu l’avais décidé, quand tu as disposé de toi-même, quand tu as eu le visage sans passion et l’âme sans crainte, ce qui a été ton oeuvre dans une existence si longue, combien de gens ont arraché ta vie, sans que tu t’en aperçoives de ce que tu perdais, combien t’en ont dérobé une douleur futile, une joie sotte, un désir avide, un entretien flatteur, combien peu t’est resté de ce qui est tien : et tu comprendras que tu meurs prématurément. » in Les stoïciens (1962), p. 697-698 .
[31] in Les stoïciens (1962), p. 702.
[32] in Les stoïciens (1962), p. 715.
[33] Nous ne faisons par allusion à la volonté comme acte réfléchi, mais davantage à l’ensemble des pulsions ou forces originelles ; ce qui ressemble en certains points, à l’inconscient freudien.
[34] Déesse hindoue et épouse de Brahma qui était l’illusion personnifiée. Ce travail contre toutes illusions est aussi mentionné dans le VIIe livre de La République de Platon.
[35] A ce propos, Edouard Sans écrit ceci dans son livre : cf Sans, Edouard (1990), p. 93 : « Mais pour lui, l’essentiel demeure la négation individuelle de la Volonté : il convient avant tout de supprimer le désir. Le vrai remède n’est en effet, comme nous l’avons vu, ni la mort (et singulièrement le sui­cide, pure apparence et disparition d’un individu simplement phénoménal), qui ne porte pas atteinte au Vouloir, ni la sagesse stoïcienne dont l’illusion est de croire que l’on peut vivre sans souffrir. La solution c’est l’ascèse individuelle : seules l’abstinence et la non-procréation peuvent amener à la longue la disparition de l’espèce humaine et Vouloir-vivre en l’homme. Plus concrètement, Schopenhauer préconise comme moyens d’extinction du désir la résignation et l’indifférence dans l’ordre empirique, la contemplation et le mysticisme dans l’ordre spirituel. »
[36] Schopenhauer préférait le terme de palingénésie ,à métempsycose pour les raisons suivantes : « Si nous nous appuyons maintenant sur le fait que le caractère, c’est-à-dire la volonté, est un héritage du père, l’intellect au contraire un héritage de la mère, il entre alors très bien dans la suite de notre théorie qu’au moment de la mort la volonté humaine, individuellement et en soi, se séparerait de l’intellect reçu de sa mère lors de la naissance ; conforme alors à sa nature et aux modifications que celle-ci vient de subir, guidée par le cours nécessaire des choses, toujours en harmonie avec sa nature, elle recevrait alors par unenouvelle naissance un nouvel intellect, et formerait avec cet intellect un être qui n’aurait aucun souvenir d’une existence antérieur, puisque l’intellect, seul capable de mémoire, est la partie mortelle ou la forme, la volonté, l’élément éternel ou la substance de notre moi : d’où il résulte que le nom de régénération (palingénésie) convient mieux à cette doctrine que celui de mé­tempsycose. Ces renaissances perpétuelles constitueraient alors la série des rêves de vie d’une volonté en soi indestructible jusqu’au moment où, instruite et perfectionnée par des connaissances si étendues, si diverses, et successivement acquises par elle sous des formes nouvelles, elle en viendrait enfin à se supprimer elle-même. » : Schopenhauer, Arthur (1984), p. 1251.
[37] Schopenhauer construit cette preuve sur la conviction que chaque être possède de son éternité : « La profonde conviction de l’impossibilité pour la mort de nous anéantir, cette conviction que chacun porte au fond de son cœur,, à en juger par les scrupules de conscience toujours inévitables à l’approche du dernier moment, cette conviction, dis-je, tient fortement à la conscience de notre nature primitive et éternelle ; de là les termes par lesquels l’exprime Spinoza : sentimus experemurque nos œternos esse [nous sentons et nous éprouvons que nous sommes éternels] (Ethique, V, prop. 23, schol.). En effet, pour se croire impérissable, l’homme doué de raison doit se croire sans commencement, éternel, en un mot indépendant du temps. » : Schopenhauer, Arthur (1984), p. 1232.
[38] Et nous complèterons cette phrase par ce qui suit : « Pendant la vie la volonté de l’homme est sans liberté : sa conduite est toujours fondée sur son caractère invariable attachée à la chaîne des motifs, régie par la nécessité. Or chacun porte en soi le souvenir de bien des actions qui le rendent mécontent de lui-même. Que son existence vienne à se prolonger à l’infini, en vertu de l’invariabilité de son caractère, il ne cesserait jamais d’agir de la même façon. Aussi doit-il cesser d’être ce qu’il est, pour pouvoir sortir du germe de son être sous une forme nouvelle et différente. La mort dénoue donc ces liens, la volonté redevient libre ; car c’est dans l’esse, non dans l’operari, que réside la liberté : Finditur nodus cordis, disolvuntur omnes dubitationes, ejusque opera evanescunt [Le nœud du cœur est fendu, tous les doutes sont dissipés, et ses œuvres s’évanouissent.], est une maxime très célèbre des Védas que répète à satiété tous les védistes. » : Schopenhauer, Arthur (1984),p. 1258.
[39] « Deux disciples veillent Schopenhauer mort. Dans le milieu de la nuit, minute tacite qui fait croire que le soleil ne reviendra pas, l’odeur cadavérique les incommode tant qu’ils se retirent dans, une chambre voisine d’où ils peuvent observer, par la porte ouverte, le rire destructeur qui n’a pas quitté la bouche magistrale et dont le cierge des morts illumine le rictus mauvais. Soudain uneforme très blanche surgit de là, court sur le visage et la poitrine immobiles, avec un petit bruit, saute à terre et passe sous un meuble. Suant, fous, sans souffle, les deux amis,, prêts à tomber de terreur, mettent un temps à reprendre haleine et s’approchent, effarés : le sourire a dis­paru.Le dentier du philosophe déridé, débloqué par la décomposition, s’était défait des maxillaires desserrés pour déchoir sous la desserte. Un grand Allemand à barbe blonde, silencieux, décharné, poitrinaire, expirant aux longues jambes si maigres qu’elles paraissent deux os, quasi momifié, raconte à Maupassant cette merveille ancienne dont il fut l’un des deux témoins apeurés, entre la culmination du soleil sur la Méditerranée brûlante et sa perte sous la mer au milieu des étincelles. Et le Français d’évoquer la statue de Houdon où Voltaire, assis, ricane, rictus conservé dans la pierre ouvragée. On suit des yeux les états de choses : carcasse squelettique en fin de parcours, doué d’un mouvement lent, cadavre immobile sous putréfaction, statue, appareil amovible se mou­vant, de soi, sous un meuble. » : Serres, Michel (1987), p. 154-155.
[40] Kertész, Imre (1995), p. 117.
[41] Le livre de Enzo Traverso est une magnifique synthèse où il est décrit avec précision, les techniques qui ont pu permettre au régime nazi d’anéantir systématiquement. Il attribuera l’origine de la sérialisation de la mise à mort, à l’emploi de la guillotine, ce qui changea, par conséquent le rôle et la fonction du bourreau ; les nouvelles techniques d’organisation du travail (taylorisme), la bureaucratie et la technocratie, l’impérialisme européen (par le racisme « scientifique » et sa supériorité technique) et la guerre de 14-18 furent les principaux éléments qui contribuèrent à former la « synthèse nazie ». L’auteur ajoute, en conclusion : « La singularité du nazisme ne réside donc pas dans sonopposition à l’Occidentmais dans sa capacité à trouver une synthèse entre ses différentes formes de violence. La Seconde Guerre mondiale fut le moment de coagulation de tous les éléments repérés dans cette recherche généalogique. Elle fut conçue comme un affrontement entre idéologies, civilisations, « races », bref comme un Weltanschauungskrieg. Obsessions eugénistes, pulsions racistes, visée »s géopolitiques et croisade idéologique convergeaient dans une seule vague destructrice. Les juifs, considérés comme incarnation de la Zivilisation, groupe dirigeant de l’URSS, inspirateurs du communisme, antithèse vivante du Lebensraum, bacille destructeur de la race aryenne, cerveau du mouvement communiste international, se trouvaient placés au cœur d’une guerre titanesque de conquête et d’anéantissement, devenant ainsi le catalyseur de la violence du nazisme. La guillotine, l’abattoir, l’usine fordiste, l’administration rationnelle tout comme le racisme, l’eugénisme, les massacres coloniaux et ceux de la Première Guerre mondiale avaient auparavant façonné l’univers social et le paysage mental dans lesquels a été conçue et mise en œuvre la « Solution finale ». Ils en ont créé les prémisses techniques, idéologiques et culturelles, en bâtissant le contexte anthropologique dans lequel Auschwitz est devenu possible. Tous ces éléments étaient au cœur de la civilisation occidentale et s’étaient déployées dans l’Europe du capitalisme industriel, à l’âge du libéralisme classique. » Traverso, Enzo (2002), p. 163-164.
[42] A ce propos, V. J. écrit ceci : « La violence sadique et la méchanceté réussissent, par les chambres à gaz et les fours crématoires, à rendre l’existant inexistant, elles ne peuvent faire que l’existant n’ait jamais existé, elles n’extirpent jamais la racine de quoddité radicale. » : Jankélévitch, Vladimir (1977), p. 458.
[43] Sur cette question du négationnisme, Paul Ricœur apporte quelques précisions : « L’historien du temps présent ne saurait dès lors échapper à la question majeure, celle de la transmission du passé : faut-il en parler ? comment en parler ? La question s’adresse autant au citoyen qu’à l’historien ; du moins ce dernier apporte-t-il dans l’eau trouble de la mémoire collective divisée contre elle-même, la rigueur du regard distancié. Sur un point au moins, sa positivité peut s’affirmer sans réserve : dans la réfutation factuelle du néga­tionnisme ; ce dernier ne relève plus de la pathologie de l’oubli, ni même de la manipulation idéologique, mais du maniement du faux, contre quoi l’histoire est bien armée depuis Valla et le démantèlement du faux de la Do­nation de Constantin. La limite pour l’historien, comme pour le cinéaste, pour le narrateur, pour le juge, est ailleurs : dans la part intransmissible d’une expérience extrême. », Ricoeur, Paul (2000), p. 584.
[44] Les derniers textes publiés en allemand par Hermann Heidegger, le fils du philosophe, extraits de ses Oeuvres complètes (Gesamtausgabe, I, Abteilung : Veröffentlichete Schriften 1910-1976, vol 16 : Reden und andere Zeu­gnisse eines Lebensweges, Francfort, Victorio Klostermann, 2000, 842 p.) obscurcissent davantage la réputation de M.H. et nous éclaire du coup, sur ses positions politiques et sur son silence.
[45] Heidegger, Martin (1966).
[46] Il posera même le problème en ces termes et disons-le, avec une particulière acuité : « En attendant, toutefois- et nous ne savons pas combien de temps -, l’humanité sur cette terre se trouve dans une situation dangereuse. Pourquoi ? Est-ce pour la seule raison qu’une troisième guerre mondiale peut éclater brusquement et qu’elle entraînerait la destruction complète de l’humanité et la ruine de la terre ? Non pas. Un danger beaucoup plus grand menace les débuts de l’âgeatomique – et précisément au cas où le risque d’une troisième guerre mondiale pourrait être écarté. Etrange assertion !…Etrange sans doute, mais seulement aussi longtemps que notre médita­tion ne s’y arrête pas. Dans quelle mesure a-t-elle un sens ? Dans la mesure où la révolution technique qui monte vers nous depuis le début de l’âge atomique pourrait fasciner l’homme, l’éblouir et lui tourner la tête, l’envoûter, de telle sorte qu’un jour la pensée calculante fut la seule à être admise et à s’exercer. Quel grand danger nous menacerait alors ? Alors la plus étonnante féconde virtuosité du calcul qui invente et planifie s’accompagnerait… d’indifférence envers la pensée méditante, c’est-à-dire d’une totale absence de pensée. Et alors ? Alors l’homme aurait nié et rejeté ce qu’il possède de plus propre, à savoir qu’il est un être pensant. Il s’agit donc de sauver cette essence de l’homme. Il s’agit de maintenir en éveil la pensée. » : Heidegger, Martin (1966), p. 179-180.
[47] La stratégie militaire des Etats-Unis, après la guerre en Afghanistan, provoquée par l’attentat terroriste le 11 septembre 2001 à New-York et Washington, pourrait complètement changer la donne à cet égard : l’éventualité d’une guerre atomique « chirurgicale » en Irak est actuellement testée dans l’opinion publique occidentale.
[48] Nous pensons plus particulièrement aux techniques de surveillance et de « quadrillage » des populations, et de la torture utilisée pour des fins uniquement punitives.
[49] 295, c.
[50] Serres, Michel (1987), p.169.
[51] Les philosophes, sociologues et anthropologues jouèrent un rôle important dans la composition de ce Enzo Traverso nomme la « synthèse nazie » ; il a bien démontré comment se construisit les différentes idéologies racistes par l’ « hygiène de la race », l’eugenisme et comment on fit du juif une abstraction (cf. Traverso, Enzo (2002) au chapitre Classer et réprimer)
[52] Dans son dernier livre, le philosophe Paul Ricœur interroge avec acuité certains de ces aspects ; dans l’épilogue intitulé « Le pardon difficile » Ricœur avec Derrida (in « Le siècle et le pardon », Le Monde des débats, décem­bre, 1999) aborde le problème de la mise en scène du pardon : « À défaut d’une telle ratification, on peut s’inquiéter de la banalisation du test d’universalisation au profit de la confusion entre universalisation au rang moral, internationalisation de rang politique et globalisation de rang culturel. De cette banalisation, il n’y aurait rien à dire, sinon faire appel à une plus grande vigilance sémantique dans la discussion publique, si ne s’interposait un second facteur que Jacques Derrida appelle « mise en scène ». Il pense à « toutes les scènes de repentir, d’aveu, de pardon ou d’excuses qui se multiplient sur la scène géopolitique depuis la dernière guerre et façon accélérée depuis quelques années ». Or, c’est à la faveur de ces mises en scène que se diffuse de façon non critique le langage abrahamique du pardon. Qu’en est-il de « l’espace théâtral » sur lequel se joue « la grande scène derepentance » ? Qu’en est-il de cette « théâtralité » ? Il me semble que l’on peut soupçonner ici un phé­nomène d’abus comparable à ceux maintes fois dénoncés dans cet ouvrage, qu’il s’agisse du présumé devoir de mémoire ou de l’ère de la commémoration : « Mais le simulacre, le rituel automatique, l’hypocrisie, le calcul ou la singerie se sont souvent mis de la partie, et s’invitent en parasites à cette cérémonie de la culpabilité. » En fait, il s’agit d’un même et unique complexe d’abus. Mais abus de quoi ? Si l’on dit avec Derrida encore qu’il y a « une urgence universelle de la mémoire », et qu’ « il faut se tourner vers le passé », la question se pose inélucta­blement d’une inscription de cette nécessité morale dans l’histoire. Derrida en convient quand il demande, à juste titre, que cet acte de mémoire, d’auto-accusation, de « repentance », de comparution, soit porté « à la fois au-delà de l’instance politique et de l’État-nation » : Ricoeur, Paul (2000), p. 606-607.